Chasse à l'homme après l'attaque qui a touché un oligarque ukrainien à Monaco
Les forces de l'ordre étaient mobilisées mardi matin à Monaco et aux alentours pour tenter de retrouver le suspect dans l'explosion d'un colis piégé qui a secoué la principauté lundi soir, blessant grièvement un oligarque ukrainien et deux de ses proches.
Côté monégasque, des dizaines d'agents ont été déployés depuis lundi soir. Côté français, deux hélicoptères et une trentaine de gendarmes étaient engagés autour de la principauté, tandis que le Raid était en alerte, selon la police et la gendarmerie.
Lundi soir, un homme a été vu en train de déposer un colis dans un immeuble résidentiel du micro-Etat méditerranéen ultrasécurisé de 2 km2, dans un quartier tout proche de la frontière avec la France.
Le colis a explosé vers 21H00, faisant trois blessés, un couple de 50/60 ans en urgence absolue et un adolescent de 13 ans en urgence relative, ont annoncé les autorités monégasques.
Mardi matin, l'état des blessés, tous trois hospitalisés à Nice, à une vingtaine de kilomètres de Monaco, n'avait pas évolué, selon un porte-parole du gouvernement.
Dans la nuit, le ministre d'Etat (chef du gouvernement) Christophe Mirmand a annoncé lors d'une conférence de presse que le suspect décrit par des témoins avait été repéré sur les images de vidéosurveillance de Monaco et de Beausoleil, la commune française voisine qu'il a rejointe à pied.
Selon M. Mirmand, le parquet de Nice a ouvert une enquête pour permettre aux forces de l'ordre françaises de participer à la traque du suspect. Contacté par l'AFP, le parquet de Nice n'a pas confirmé.
- Oligarque sous sanctions -
Une source proche du dossier a indiqué à l'AFP que l'homme blessé dans l'attaque est Vadim Ermolaev, un oligarque originaire d'Ukraine, confirmant une information de BFMTV.
Résidant à Monaco, il fait l'objet depuis décembre 2023 de sanctions en vertu d'une décision du Conseil national de sécurité (NSDC) promulguée par le président Volodymyr Zelensky.
Selon plusieurs médias citant les services de sécurité ukrainiens, ces sanctions sont dues au choix du multimillionnaire de poursuivre ses activités de négoce d'alcool en Crimée sous occupation russe.
L'identité des victimes n'a pas été confirmée à Monaco, où une conférence de presse du procureur général Stéphane Thibault était attendue en fin de matinée.
"C'est la première fois que dans l'histoire, à ma connaissance, un tel acte se produit dans la Principauté", a déclaré M. Mirmand.
Le prince Albert II a dénoncé dans un communiqué "un crime odieux" qui représente "un choc pour toute la communauté monégasque".
Avec des services de sécurité en nombre et un système de vidéosurveillance perfectionné, Monaco a longtemps maintenu l'image d'un havre de paix particulièrement sûr, même si quelques braquages sont venus troubler la quiétude ces dernières années.
"La Principauté de Monaco demeurera unie et déterminée face à la violence et au crime. La sécurité de notre communauté a toujours été une priorité", a promis le prince.
M. Mirmand a aussi évoqué un travail engagé lundi soir avec les services de renseignement "pour identifier l'environnement des victimes, pour identifier si d'autres personnes pourraient être concernées par des menaces particulières, et pour pouvoir s'assurer que ces faits ne se reproduisent pas dans la principauté".
Outre les trois blessés, quatre autres personnes ont été prises en charge par les secouristes, dont une personne choquée et plusieurs victimes de coupures à cause des vitres soufflées par l'explosion.
L'immeuble visé compte six appartements, mais les trois blessés étaient les seules personnes présentes.
Sur une photo publiée sur les réseaux sociaux et présentée comme celle de l'immeuble, des débris sont visibles dans l'entrée d'un bâtiment de pierre, les escaliers fortement endommagés et tachés de sang, les grilles déformées.
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