Israël: funérailles nationales pour le dernier otage à Gaza
Des drapeaux israéliens agités au passage du convoi militaire, dans un ultime hommage au policier Ran Gvili avant ses funérailles: Israël enterre mercredi son dernier otage détenu à Gaza, tournant une page traumatisante de son histoire.
La cérémonie ouverte au public doit débuter vers 14H30 heure locale (12H30 GMT) à Meitar, sa ville natale, en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu. L'inhumation aura ensuite lui dans l'intimité familiale.
Sur place, le petit stade de football accueillant les funérailles a été orné de drapeaux israéliens et de ceux de la police.
Une bannière géante avec le portrait de Ran Gvili est accrochée derrière l'estrade où les discours seront prononcés.
Sous un ciel gris, des centaines de personnes commencent à se rassembler doucement: des familles, dont beaucoup d'enfants sont présents. Certains portent le ruban jaune, symbole des otages.
Le corps de ce policier tué lors de l'attaque sanglante du 7-Octobre puis emmené à Gaza a été rapatrié lundi en Israël, après des fouilles débutées la veille par l'armée israélienne dans un cimetière du nord de Gaza.
Le Hamas palestinien avait dit avoir donné les informations sur l'emplacement du corps, en gage de bonne volonté et de son "engagement" en faveur du cessez-le-feu, en cours depuis le 10 octobre dernier.
Dans la matinée de mercredi, le cercueil de Ran Gvili a quitté la base militaire de Shoura (centre d'Israël), salué par une rangée de policiers, avant de prendre la direction de Meitar, dans le sud du pays.
Le long de la route, des dizaines d'Israéliens sont venus lui rendre un dernier hommage.
Le 7 octobre 2023, lors de l'attaque du Hamas qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.
Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.
- "Prochaine phase" -
Ran Gvili, un policier de 24 ans, avait été tué en défendant le kibboutz Aloumim.
Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine.
"Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", avait réagi le Forum des familles, qui a mené pendant deux ans le combat pour le retour des otages.
Toute la journée de lundi, les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.
Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, réclamée de longue date par la communauté internationale et seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.
"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza.
Dans le petit territoire palestinien où les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants.
La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.
宋-H.Sòng--THT-士蔑報