La Bulgare DARA remporte l'Eurovision avec son hymne entraînant "Bangaranga"
La chanteuse bulgare DARA a remporté l'Eurovision dimanche à Vienne avec le titre survitaminé "Bangaranga", offrant sa première victoire à son pays devant Israël dont la présence avait suscité des appels au boycott.
La Roumanie a fini troisième de la 70ème édition du télécrochet le plus suivi au monde, devant les favoris des pronostics finlandais et australien.
La jeune femme de 27 ans, de son vrai nom Darina Yotova, a séduit aussi bien les jurys nationaux que l'audience internationale avec son titre "Bangaranga", un hymne à la fête et à l'émancipation, collectant 516 points.
Le titre de sa chanson, en patois jamaïcain, signifie rébellion, et toute la salle a dansé au diapason de sa chorégraphie millimétrée, dans une mise en scène libérant les corps.
"Mon travail, c'est d'être sur scène, d'ouvrir mon cœur et de briller de tout mon éclat. Les résultats, ce sont les gens qui les décident, pas moi, mais ça me rend tellement heureuse", a-t-elle déclaré durant le long décompte des points.
Son pays des Balkans, qui n'avait pas participé à l'Eurovision ces trois dernières années pour des raisons financières, accueillera toute l'Europe grâce à elle l'année prochaine.
Pourtant jusqu'à la dernière minute, le candidat israélien Noam Bettan a pu espérer gagner grâce au vote du public et la tension parmi le public a été maximale en voyant le schéma qui avait fait polémique l'année dernière se reproduire à l'identique.
L'Eurovision a limité cette année les votes du public alors qu'il avait été reproché à Israël en 2025 d'avoir influencé en sa faveur le vote du public en faisant campagne de manière disproportionnée.
Par ailleurs, cinq pays ont boycotté l'édition viennoise, une première, refusant de participer à une fête avec Israël, pays auquel ils reprochent la manière dont il a mené la guerre dans la bande de Gaza.
Plus d'un millier d'artistes internationaux avaient également appelé à faire l'impasse sur cette année.
Mais finalement, les 343 points de l'artiste israélien, qui a partiellement chanté en français, le placent loin derrière sa concurrente et l'assistance, qui avait hué l'annonce des résultats d'Israël, a ovationné la Bulgare victorieuse.
- "La musique rassemble" -
"La musique rassemble les gens, elle ne les divise pas", a déclaré à Sofia Ilona Nechkova, une fan de 48 ans, sage-femme. "Dara a été patiente et nous a donné cette leçon. Bravo!"
Avec Monroe, 17 ans et "Regarde!", une chanson mêlant pop et opéra, la France un temps donnée dans le trio de tête a fait le plein des votes du jury mais n'a pas reçu beaucoup de points de la part du public. Elle a fini onzième.
La candidate de la Roumanie, Alexandra Capitanescu, 22 ans, est arrivée troisième grâce à une présence scénique électrisante sur le titre très heavy rock "Choke me".
L'Australie avec la star Delta Goodrem est restée au pied du podium. Quant aux favoris finlandais Linda Lampenius et Pete Parkonnen, ils devront se contenter d'une sixième place.
La presse comme le public avaient pourtant placé l'Australienne en première position de leurs votes après la répétition générale de vendredi soir.
Alors que toute la semaine de festivités autour de l'Eurovision avait été placée sous haute sécurité, l'animateur Stéphane Bern, habitué du concours, a trouvé l'ambiance excellente: "La musique unit les coeurs. Et les gens dans la salle se moquent des considérations politiques, ils ont envie de fêter l'Europe à travers la musique".
Même si 16 chansons ont été interprétées en anglais, des paroles dans 25 langues et dialectes ont été chantées.
L'an dernier, quelque 166 millions de téléspectateurs avaient suivi le concours, organisé par la Suisse. L'Autriche espérait faire aussi bien malgré le boycott de l'Espagne, l'Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l'Islande.
Au moment où une grande partie de l'Europe était devant son écran pour assister au spectacle, la télévision espagnole RTVE a d'ailleurs passé un bandeau noir avec le message suivant: "L'Eurovision est un concours, mais pas les droits humains. Pas d'indifférence. Paix et justice pour la Palestine."
Plusieurs centaines de personnes scandant "Free Palestine" ont aussi manifesté samedi à Vienne, avec une forte présence policière.
"Je trouve déplorable qu'on offre une tribune à un génocide", a déclaré à l’AFP Juli Pfefferkorn, une étudiante de 17 ans venue de l'autre bout de l'Autriche pour marquer sa désapprobation.
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