A Bollywood, une campagne pour interdire les éléphants des plateaux de cinéma
Comme les chatoyantes chorégraphies musicales, les éléphants sont indissociables des castings du cinéma indien. Plus pour longtemps peut-être, depuis que des vedettes de Bollywood militent pour les remplacer par des robots ou des images générées par intelligence artificielle (IA).
Ces réalisateurs, producteurs et acteurs ont rejoint une campagne du groupe de défense des droits des animaux PETA pour interdire les pachydermes des plateaux.
"Les éléphants ne doivent pas souffrir au nom de nos divertissements", a ainsi plaidé l'acteur-producteur John Abraham, "la technologie permet désormais de faire vivre les éléphants à l'écran (...) sans les emprisonner ou les traiter de façon cruelle".
Le Fonds mondial pour la nature (WWF) recense quelque 50.000 éléphants d'Asie sur la planète, pour l'essentiel en Inde. Et quelque 2.600 autres y vivent en captivité, selon le ministère indien de l'Environnement, pour les besoins du tourisme, des temples et aussi du cinéma.
PETA déplore que ces animaux captifs soient "séparés de leur famille, enchaînés en quasi-permanence et maintenu sous contrôle par des armes".
Selon la loi indienne, faire participer un éléphant à un tournage est soumis à l'approbation du Bureau pour le bien-être animal (IAWB).
En 2021, le gouvernement a en outre "recommandé" qu'ils soient remplacés par des robots ou des effets spéciaux "afin de limiter la souffrance animale".
"Les éléphants sont des animaux intelligents, doués d'émotions, dont le bien-être mental et physique requiert qu'ils vivent dans la jungle", insiste leurs défenseurs, "à l'inverse ceux des films, des spectacles et de la publicité souffrent de solitude et de cruauté".
L'association a financé l'achat de 25 robots mécaniques de taille réelle pour qu'ils les remplacent dans les cérémonies organisées dans les temples hindous.
Le dieu à tête d'éléphant Ganesh est l'un des plus célébrés par ses adeptes.
PETA promet désormais le recours à l'IA et aux images générées par ordinateur, comme ce fut le cas dans le long-métrage "Tanhaji" dès 2020.
"Le bon cinéma requiert de l'empathie", a résumé l'acteur Pooja Bhatt, "on peut raconter des histoires fabuleuses à l'écran sans exploiter les animaux".
李-X.Lee Li--THT-士蔑報