John Malkovich, un acteur singulier à la carrière éclectique
Alternant cinéma d'auteur, blockbusters et théâtre, l'acteur américain John Malkovich s'est forgé une carrière singulière dans le cinéma américain, en marge du star system mais parvenant à s'imposer comme une figure connue du grand public.
Avec son allure d'intellectuel sophistiqué et son phrasé traînant, John Malkovich a acquis le statut d'acteur culte de la trempe d'un Christopher Walken ou d'un Willem Dafoe.
Malgré plus de 100 rôles au cinéma, il n'avait encore jamais été distingué dans un grand festival. C'est désormais chose faite, à 72 ans, avec la coupe Volpi du meilleur acteur à la Mostra de Venise, pour son rôle d'agent de la CIA cynique et tourmenté dans "Wild Horse Nine".
Surnommé "l'acteur caméléon", il a incarné aussi bien un tueur psychotique dans "La ligne de mire", Charles VII en roi indécis dans "Jeanne d'Arc" et un doux colosse innocent dans "Des souris et des hommes". C'est un "dieu de la comédie", dit de lui Martin McDonagh, le réalisateur de "Wild Horse Nine".
"Je fais et j'ai toujours fait ce que j'aime depuis toujours, et j'ai bien l'intention de continuer", a déclaré Malkovich devant les journalistes à la Mostra de Venise, rejetant toute intention de prendre sa retraite.
- Débuts au théâtre -
Il est né le 9 décembre 1953 à Christopher, dans l'Illinois, une petite ville de l'Amérique profonde. Son patronyme vient de ses grand-parents croates qui ont émigré aux Etats-Unis en 1913.
Aîné d'une famille de cinq enfants, il suit des cours d'art dramatique à l'Eastern University de l'Illinois. A 22 ans, il rejoint la compagnie de théâtre Steppenwolf à Chicago, l'une des troupes les plus novatrices des Etats-Unis.
Son travail au sein de cette compagnie est l'une des raisons de son immense crédit artistique auprès de ses pairs.
Il joue ou dirige une cinquantaine de spectacles, dont "Mort d'un commis-voyageur" d'Arthur Miller, "La ménagerie de verre" de Tennessee Williams ou "L'Ouest, le vrai" de Sam Shepard, qui connaît un vif succès à Broadway.
Lorsqu'il accepte son premier rôle au cinéma en 1984, c'est pour jouer l'aveugle des "Saisons du coeur", de Robert Benton. Sa performance remarquée lui vaut aussitôt une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle.
Il obtient une seconde nomination dans la même catégorie pour son rôle d'ex-agent de la CIA dans "Dans la ligne de mire" (1993), mais il ne décrochera jamais la statuette.
John Malkovich atteint la renommée internationale en 1988 pour son rôle de Valmont, séducteur raffiné des "Liaisons dangereuses" de Stephen Frears.
- Francophile -
En 1999, il joue son propre rôle dans le très original "Dans la peau de John Malkovich" de Spike Jonze, dans lequel il incarne une version fantasmée de lui-même.
Happé par le cinéma, il n'oublie pas pour autant les planches et monte des pièces atypiques, comme "La Comédie infernale" qui mêle théâtre, musique classique et performance scénique et dans laquelle il incarne un tueur en série. Un travail qu'il a présenté sur différentes scènes internationales ces dix dernières années.
Il joue aussi dans de grosses productions hollywoodiennes, comme le film catastrophe "Deepwater" (2016) sur l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon survenue en 2010.
On l'a aussi vu dans des séries à succès comme "The New Pope" créé par Paolo Sorrentino, où il incarne le pape Jean-Paul III.
Francophone et francophile - il a longtemps habité dans le Luberon - il a fait partie des milliers de personnes escroquées par Bernard Madoff dans les années 2000.
Il a été marié de 1982 à 1988 à l'actrice Glenne Headley avant d'épouser en secondes noces la réalisatrice et assistante de réalisation française Nicoletta Peyran. Ils ont eu deux enfants ensemble.
彭-C.Péng--THT-士蔑報