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Supermarchés et fournisseurs s'engagent à mener des négociations apaisées
Supermarchés et fournisseurs s'engagent à mener des négociations apaisées / Photo: BERTRAND GUAY - AFP/Archives

Supermarchés et fournisseurs s'engagent à mener des négociations apaisées

La grande distribution et les fournisseurs agro-industriels ont-ils enterré la hache de guerre? A la veille du lancement de leurs négociations commerciales annuelles, ils ont annoncé la signature d'une charte inédite afin d'apaiser leurs relations, historiquement conflictuelles.

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"C'est une avancée dont la filière avait vraiment besoin et depuis longtemps", a réagi auprès de l'AFP Judith Jiguet, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). "On revit chaque année la même chose, on sort épuisé de part et d'autre de la table", ajoute-t-elle, heureuse de cette "nouvelle dynamique".

Cette charte "constitue une avancée vers des négociations commerciales plus apaisées et de bonne foi", s'est félicitée Karima Kaci, directrice générale de Pact'Alim, l'une des cinq organisations d'industriels signataires avec l'Ania, l'Ilec, la Feef, et la Coopération agricole.

Comme tous les ans démarrent, à compter de lundi, trois mois d'intenses négociations pour fixer les prix et les conditions (modalités de livraison, calendrier promotionnel...) auxquelles les grandes surfaces s'approvisionnent auprès des fabricants.

Ces tractations opposent des distributeurs en quête de prix compétitifs pour attirer les clients, et des industriels invoquant coûts de production et besoins d'investissements. Opaques et sources de tensions, elles sont accusées de tirer vers le bas les revenus des agriculteurs malgré leur encadrement par la loi Egalim.

Elles déterminent in fine les tarifs en rayon, uniquement pour les produits de grandes marques (par exemple Nutella de Ferrero, Actimel de Danone, bonbons Haribo...), et non ceux des marques des supermarchés (Carrefour, Marque Repère, U...), qui pèsent plus du tiers des ventes.

- PME mieux considérées -

La charte, initiée par le ministre du Commerce Serge Papin et la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, "pose des principes destinés à instaurer un climat apaisé: échanges respectueux, rendez-vous mieux organisés, modalités adaptées et maintien d’un dialogue suivi tout au long du processus", selon les parties prenantes.

Elle prévoit "un traitement différencié pour les PME", avec une fin des négociations entre distributeurs et fournisseurs "au plus tard le 15 janvier 2026" les concernant.

"Elles ne sont pas équipées de la même façon que les autres, donc il faut les faire passer avant et il faut les traiter différemment", justifie Judith Jiguet.

"Dans ce cadre, l’enjeu principale pour les PME et ETI sera que la hausse des tarifs ne puisse être inférieure à la hausse de la matière première agricole. Il en va de notre souveraineté alimentaire", complète Karima Kaci de Pact'Alim, qui représente 3.000 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) de l'industrie alimentaire.

Le dernier axe de l'accord porte sur "la valorisation des produits frais et la poursuite des démarches visant à favoriser l'information du consommateur, notamment en matière d’origine des produits".

- Clauses de revoyure -

Mais ce document, non contraignant, résistera-t-il à la guerre des prix ? Les récentes et féroces négociations sur le chocolat pour Pâques 2026 peuvent instiller le doute.

"Ce n'est pas juste un acte politique, c'est une volonté collective de progresser", assure Judith Jiguet. "On va se donner des clauses de revoyure tout au long de ces trois mois à venir et on fera un bilan ensemble."

"Cette charte est une première étape, la prochaine loi Egalim devra être l’occasion d'avancer sur la simplification de la loi, et le renforcement de la sanctuarisation de la matière première agricole", souligne pour sa part Karima Kaci.

Cet accord "est la preuve que des échanges constructifs et un dialogue nourri permettent de converger vers la mise en œuvre de pratiques responsables au service de relations commerciales équilibrées", se sont félicités dans un communiqué commun les ministres du Commerce Serge Papin et de l'Agriculture Annie Genevard.

Avant de rappeler, eux aussi, que "les engagements pris feront l'objet d’un suivi attentif afin d’en garantir l’application et l’efficacité".

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