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Lait infantile: deux enquêtes ouvertes après la mort suspecte de deux nourrissons
Lait infantile: deux enquêtes ouvertes après la mort suspecte de deux nourrissons / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP/Archives

Lait infantile: deux enquêtes ouvertes après la mort suspecte de deux nourrissons

Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès récents de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de "possible contamination" par une substance d'origine bactérienne, sans "lien de causalité" établi pour l'heure, selon les autorités.

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Un premier décès suspect, évoqué sans précisions de lieu mardi par l'un des services du ministère de la Santé qui a lancé des investigations sanitaires, concerne un bébé né le 25 décembre et mort le 8 janvier à l'hôpital Haut Lévêque de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux.

"Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l'objet d'un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus", a précisé à l'AFP Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux.

A Angers, "il y a deux jours", la mère d'une petite fille de 27 jours, morte le 23 décembre, a recontacté les enquêteurs pour évoquer une boîte de lait Guigoz donnée auparavant à son bébé, a indiqué jeudi soir le procureur de la ville, Eric Brouillard.

"C'est une piste sérieuse" mais il est "beaucoup trop tôt pour dire que c'est la piste principale", a souligné M. Brouillard, qui a saisi "en urgence" un laboratoire.

Le 5 janvier, Nestlé, géant suisse de l'agroalimentaire, avait engagé un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de "céréulide" dans ces produits pourtant très contrôlés.

Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d'importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.

- Alerte sanitaire "d'ampleur" -

A Bordeaux, le bébé victime avait été conduit en urgence à l'hôpital le 7 janvier, "la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l'enfant", selon le procureur, Renaud Gaudeul.

Les premiers résultats d'analyses diligentées par l'enquête "ont établi l'absence de contamination par la bactérie Bacillus Cereus", mais "des analyses complémentaires" ont été demandées pour retrouver la toxine céreulide, a complété M. Gaudeul plus tard dans la soirée.

Les résultats de ces nouvelles analyses, "plus longues", "ne sont pas encore connus", a-t-il précisé.

"À ce stade, il n'a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons", ont-ils fait valoir.

- Fournisseur chinois -

"La conjonction des deux choses n'est pas établie, c'est ça que l'enquête va déterminer", a confirmé la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, en déplacement dans la Manche, disant suivre le dossier "avec très grande vigilance".

"Il est de la responsabilité des entreprises de réaliser des contrôles et de rappeler les lots contaminés", a-t-elle insisté.

Le rappel diligenté par Nestlé concerne une soixantaine de pays parmi lesquels la France, et le patron du géant suisse, Philipp Navratil, a présenté des excuses à la mi-janvier, alors que le groupe est accusé par certaines ONG d'avoir tardé à prendre des mesures.

Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l'Australie et le Mexique.

Selon les ministères de l'Agriculture et de la Santé, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié à un ingrédient soupçonné d'être source de la contamination, "une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois".

"À ce jour, l'ensemble des fabricants de lait infantile au niveau mondial, dès lors qu'ils ont eu recours à de l'huile riche en acide arachidonique de ce fournisseur, doivent conduire une analyse de risque leur permettant d'évaluer la sécurité de chacun des lots", ajoutent-ils.

L'ONG Foodwatch a annoncé mercredi porter plainte contre X pour "faire la lumière" sur ces rappels, affirmant que "des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés".

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