Les eurodéputés soutiennent la création de l'euro numérique
Les députés européens ont apporté mardi leur soutien de principe à l'euro numérique, une version électronique de la monnaie unique que la BCE veut mettre en place d'ici à la fin de la décennie, et qui devrait renforcer la souveraineté de l'Europe en matière de moyens de paiements.
Le Parlement européen, réuni cette semaine à Strasbourg, a adopté deux amendements en faveur du projet, à l'occasion de l'examen du rapport annuel de la Banque centrale européenne.
"L'introduction d'un euro numérique (...) est essentielle pour renforcer la souveraineté monétaire de l'UE, réduire la fragmentation des moyens de paiement et soutenir l'intégrité et la résilience du marché unique", fait valoir l'un de ces amendement, adopté à une large majorité (438 voix contre 158).
L'euro numérique est une version électronique de l'euro, qui serait utilisable comme les espèces pour effectuer des paiements dans les commerces, en ligne et entre particuliers, sans surcoût pour les utilisateurs.
La BCE, qui a commencé à étudier l'opportunité de lancer sa propre monnaie numérique en 2020, compte lancer courant 2027 la phase pilote du projet, et commencer à émettre des euros numériques en 2029, à condition qu'un cadre législatif européen soit adopté cette année.
Cela nécessitera l'accord du Parlement et des Etats membres au projet de loi qui a été proposé par la Commission européenne pour concrétiser ce projet au long cours.
Le Conseil européen, instance qui représente les 27, s'est déjà prononcé en faveur de ce futur cadre législatif, mais le Parlement ne s'en saisira qu'au printemps.
Auditionnée lundi à Strasbourg, la présidente de la BCE Christine Lagarde a exhorté les eurodéputés à apporter au plus vite leur soutien, et s'est efforcée d'apaiser les diverses craintes exprimées par les opposants au projet.
La BCE voit dans l'euro numérique un moyen de renforcer la souveraineté économique européenne, alors que les systèmes de paiement en ligne sont actuellement dominés par les groupes américains Visa et Mastercard.
Mais des craintes ont été soulevées, notamment quant à la confidentialité des paiements, ou au risque de voir l'euro numérique supplanter à terme les pièces et billets.
En aucun cas la BCE "n'aura accès aux données personnelles" des utilisateurs, et "l'euro numérique ne vise pas du tout à remplacer les espèces", a assuré Mme Lagarde.
L'euro numérique, que les consommateurs seront libres d'utiliser ou pas, "évitera une dépendance excessive à des fournisseurs étrangers pour les systèmes de paiement qui sont essentiels au bon fonctionnement de notre économie", a-t-elle plaidé.
喬-H.Qiáo--THT-士蔑報