The Hong Kong Telegraph - Files d'attentes et rationnements: en Asie, l'inquiétude monte aux stations d'essence

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Files d'attentes et rationnements: en Asie, l'inquiétude monte aux stations d'essence
Files d'attentes et rationnements: en Asie, l'inquiétude monte aux stations d'essence / Photo: Nhac NGUYEN - AFP

Files d'attentes et rationnements: en Asie, l'inquiétude monte aux stations d'essence

La flambée des cours du pétrole, due à la guerre au Moyen-Orient, exacerbe l'anxiété des automobilistes et motocyclistes à travers l'Asie, nombreux à faire la queue aux stations-service face aux rationnements ou pour devancer des hausses attendues des prix à la pompe.

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Vietnam: attente et exaspération

Au Vietnam, des milliers de motocyclistes patientaient mardi aux stations-service: le prix de l'essence sans plomb a grimpé de quelque 20% depuis dix jours et la population anticipe de nouvelles hausses, malgré la suppression des taxes douanières sur des produits pétroliers importés.

Le Vietnam a jusqu'à présent évité les pénuries massives, mais selon les médias d'État, des dizaines de petites stations-service ont dû fermer ou réduire leurs horaires faute de stocks.

"Je travaille la journée, je n'ai que le soir pour faire la queue pour ma moto. Cette guerre est folle. Tout va renchérir... nos revenus restent les mêmes", soupire Tuan Hung, Vietnamien de 33 ans, dans la nuit de lundi à mardi.

"On est épuisés. (Les clients) vont continuer à faire la queue toute la nuit", observe Thuy, employée de station-service, désignant les files de motos.

Mardi, M. Tuan, 57 ans, patientait depuis une heure à Hanoï: "Je suis furieux! Quand mon tour est arrivé, ils m'ont dit que leur système était en panne (...) Ce soir, je vais devoir refaire la queue ?".

Philippines, Pakistan: longues files

De longues files de motos, taxis et voitures se formaient lundi devant les stations-service philippines sous une chaleur accablante, les habitants se précipitant pour faire le plein avant des augmentations de prix.

Enrico Guda, 31 ans, pompiste, a assuré à l'AFP que sa station accueillait deux fois plus de véhicules qu'à l'ordinaire.

"Je prévois d'utiliser la moitié de mon allocation carburant hebdomadaire pour ne pas avoir à m'inquiéter les prochains jours", confie à l'AFP Francis Aranda, étudiant de 25 ans.

Le Pakistan a, lui, augmenté ses prix à la pompe d'environ 20% vendredi, provoquant de longues files aux stations-service. Des queues aussi survenues la semaine dernière au Sri Lanka avant de se résorber.

Bangladesh: tensions face au rationnement

Le Bangladesh rationne depuis dimanche la distribution: les utilisateurs de deux-roues ne peuvent ainsi plus faire de plein de plus de 2 litres. Des queues se sont aussitôt formées devant les stations-service de Dacca.

"J'ai attendu plus d'une heure pour mettre deux litres, il faudra que je revienne après-demain", rouspétait Md Al-Amin, motocycliste de 45 ans.

"J'ai déjà fait la queue hier, on a fermé la station une voiture devant moi", raconte AKM Ruhul Amin, pédiatre au volant d'une berline. "Je n'ai pu acheter que 10 litres aujourd'hui (...) le gouvernement pourrait au moins autoriser un plein complet".

L'afflux aux stations provoque parfois de violents incidents: un homme de 25 ans est mort dans la nuit de samedi.

Président de l'association bangladaise des propriétaires de stations-service, Nazmul Haque, rapporte à l'AFP de nombreux incidents entre ses membres et des clients prêts à tout pour faire le plein.

Il dénonce le rationnement des ventes: "C'est insuffisant pour que je gagne de l'argent (...) je dois payer des heures supplémentaires à mes salariés et même embaucher pour gérer l'afflux".

Birmanie: circulation restreinte

La Birmanie impose depuis samedi des restrictions de circulation afin de préserver ses réserves d'essence: seuls les véhicules dont les plaques d'immatriculation commencent par des nombres pairs peuvent rouler les jours pairs et inversement.

Une mesure respectée à Rangoun. "Mais c'est un vrai défi pour certains conducteurs qui dépendent de leur véhicule pour leur travail et leurs déplacements essentiels", constate Hla Htay, 56 ans, responsable d'un loueur de voitures.

Après l'annonce de la mesure, l'attente s'était allongée aux stations-service.

Corée du Sud: nervosité malgré le plafonnement des prix

Séoul a annoncé un plafonnement des prix du carburant, appliqué d'ici la fin de semaine.

La nervosité gagne cependant certains automobilistes: "Je suis venu rapidement faire le plein, il semble probable que le prix du pétrole continuera d'augmenter", indique mardi à l'AFP Kim Tae-hoon, homme d'affaires de 36 ans.

"Avant, je faisais le plein une fois par semaine. Maintenant j'essaie de le faire dès que je trouve une station-service moins chère", abonde Lee In-tae, 42 ans.

Chine, Japon, Indonésie, Inde, Taïwan: pas de bouleversements

En Chine, des queues sporadiques ont été observées lundi dans des stations-service de Nankin (est) ou Shenyang (nord-est), mais l'AFP n'a rien constaté de semblable à Pékin et Shanghai.

Aucune file non plus en Indonésie, où le carburant est subventionné et vendu à prix fixe, sans changement ces derniers jours, ni à Taïwan, où les autorités promettent un mécanisme d'ajustement des prix et une réduction accrue des taxes.

En dépit de quelques queues isolées à Delhi, rien ne laisse non plus présager des achats paniques en Inde. Enfin, pas de fièvre remarquée au Japon, où la crise n'a "aucun impact immédiat" sur l'offre selon le gouvernement.

burs-jug/ep/spi

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