Moyen-Orient: les marchés boursiers résilients envers et contre tout
Les indices boursiers pointent résolument à la hausse jeudi, en tutoyant des records, malgré les incertitudes portant sur de nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran.
"Les actions frôlent de nouveaux des sommets jamais atteints - et le +rally+ (la tendance haussière) ne montre aucun signe de ralentissement", résume à New York le Wall Street Journal.
Les trois indices américains devraient ouvrir à 13H30 GMT en hausse, d'après les contrats à terme à 12H00 GMT: S&P 500 (+0,11%), Nasdaq (+0,20%) et Dow Jones (+0,17%).
Mercredi, le S&P 500 (7.022,95 points, +1,18%) et le Nasdaq (+1,59% à 24.016,02 points) ont atteint de nouveaux sommets, signe d’appétit pour le risque des investisseurs qui continuent d'acheter des titres malgré les incertitudes géopolitiques.
"Le contexte est favorable pour les marchés grâce à trois bonnes nouvelles récentes. Le cessez-le-feu tient toujours au Moyen-Orient, les chiffres du PIB britannique ont créé une surprise positive juste avant le début de la guerre, et le S&P 500 a inscrit un nouveau record historique mercredi", résume Kathleen Brooks, directrice de recherche pour XTB.
"Bien que la guerre en Iran devienne une préoccupation secondaire pour les investisseurs, des gros titres négatifs laissant entendre que la fin du conflit n’est pas imminente peuvent encore influencer l’évolution des cours", prévient cependant l'analyste.
En Europe également, les principales Bourses semblent s'intéresser davantage aux résultats des entreprises pour le premier trimestre qu'aux méandres de la diplomatie secrète entre Washington et Téhéran via le Pakistan.
A Paris à 11H45, le CAC 40 progressait de 0,51%. Les performances des valeurs industrielles (Dassault + 2,52%, Saint-Gobain +2,44%, Airbus +2,19%) compensaient les difficultés persistantes des poids lourd du luxe.
Milan (+0,39%) et Francfort (+0,65%) progressaient de même que Londres (+0,73%), porté par le rebond-surprise du PIB au Royaume-Uni en février (+ 0,5%).
Outre les bonnes nouvelles ou sectorielles, les marchés continuent évidemment d'écouter d'une oreille attentive les derniers développements du conflit lancé par Donald Trump contre l'Iran fin février.
L'influent chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, s'est entretenu jeudi avec le président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, selon des médias d'Etat iraniens, dans le cadre d'une médiation pour une possible reprise des pourparlers irano-américains.
- Le pétrole se stabilise -
"La paix est +pricée+ (intégrée au prix du marché) mais pas signée", a résumé le gestionnaire de fonds Aurel dans sa note quotidienne aux investisseurs.
"Si les marchés parient sur une reprise du dialogue diplomatique, les menaces iraniennes de blocage de voies stratégiques entretiennent une prime de risque", ajoute Aurel.
Indicateur de l'humeur du marché en temps de conflit au Moyen-Orient, le pétrole se stabilise à des niveaux hauts qui ne dissipent pas les risques d'inflation.
Référence mondiale du marché du brut, le Brent de la mer du Nord s'échangeait jeudi à 11H55 GMT à 95.77 (+0.88%). Son équivalent américain du WTI valait 91.49 dollars le baril (+0,22%).
"Les cours du pétrole ont évolué à l'équilibre, tiraillés entre l'optimisme lié à une possible désescalade entre les États-Unis et l'Iran et des tensions persistantes sur les routes maritimes, notamment dans le détroit d'Ormuz, où le trafic reste perturbé malgré les perspectives de négociation", résume Aurel.
- Moment de détente pour les taux -
Le marché obligataire des taux d'intérêts affectés aux obligations (les titres de créance des Etats) se détend encore.
Référence en Europe, le Bund allemand affichait un rendement de 3,00% sur dix ans, contre 3,04% la veille. Son équivalent français redescendait à 3,63%, contre 3,68% la veille.
- La saison des résultats se poursuit, Tesco salué à Londres-
A Paris, le géant du luxe Kering (Gucci, Balenciaga) a annoncé jeudi matin un plan de relance, après l'annonce la veille de mauvais résultats trimestiels qui ont provoqué un fort repli en Bourse (-9,29% à la clôture).
Cela n'a pas suffi à retourner la tendance. A 12H00 GMT, le titre reculait toujours (-4,09%) à 243,25 euros.
Le groupe de spiritueux Pernod-Ricard perdait lui du terrain après des résultats affectés par le conflit au Moyen-Orient (-1,40%).
A Londres, Tesco, première chaîne de supermarchés britannique, a annoncé jeudi un bénéfice en hausse sur son exercice 2025-2026, mais dit craindre les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur son résultat de l'exercice en cours. Son titre prenait 2,81%.
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