Chine: au moins 90 morts dans un coup de grisou, Pékin promet de punir les responsables
Un coup de grisou a tué au moins 90 mineurs dans le nord-est de la Chine, le pire accident minier en 17 ans dans le pays, Pékin promettant samedi de punir "sévèrement" les responsables et ordonnant la répression des activités minières illégales à l'échelle nationale.
Au total, 247 mineurs se trouvaient sous terre dans la mine de charbon de Liushenyu lorsque l'explosion s'est produite vendredi soir. Selon la télévision d'Etat CCTV, au moins 90 mineurs sont morts et 123 autres ont été transportés à l'hôpital pour être soignés, quatre d'entre eux étant dans un état grave ou critique.
Les services d'urgence et de santé ont déployé 755 personnes sur le site, où s'activent des secouristes casqués portant des brancards et de multiples ambulances, selon la télévision d'Etat.
Cette mine est située à 500 kilomètres au sud-ouest de Pékin, dans la province du Shanxi, haut lieu de l'exploitation charbonnière en Chine.
Les accidents dans les mines de charbon, dont la Chine est le premier pays consommateur, y sont fréquents mais il s'agit du plus meurtrier depuis novembre 2009, quand un coup de grisou dans une mine du Heilongjiang (nord-est) avait fait 108 morts.
- Odeur de soufre -
Wang Yong, un mineur blessé dans l'accident, a raconté à CCTV avoir vu "un nuage de fumée" et senti une odeur de soufre.
Avant de perdre connaissance, il se souvient d'avoir vu des personnes suffoquer à cause de la fumée.
"Je suis resté allongé pendant environ une heure, puis je me suis réveillé tout seul. J'ai appelé les personnes à côté de moi et nous sommes sortis ensemble de la mine", a-t-il déclaré, selon CCTV.
Selon l'agence de prsse officielle Chine nouvelle, le gouvernement a lancé une enquête "intransigeante" après l'explosion survenue dans cette mine "appartenant au groupe Shanxi Tongzhou", et "les personnes reconnues responsables seront sévèrement punies conformément aux lois et règlements en vigueur".
L'agence avait auparavant indiqué qu'une personne "responsable" de l'entreprise impliquée dans l'explosion avait été "placée sous contrôle en vertu de la loi".
A l'échelle nationale, Pékin a ordonné une campagne de répression contre les activités minières illégales, a rapporté le média d'Etat.
"Toutes les régions et autorités compétentes sont tenues de (...) mener des opérations de répression sévères contre les activités illégales et illicites, et d'enquêter et de sanctionner rigoureusement" les responsables, a précisé Chine nouvelle.
Le président Xi Jinping avait auparavant exhorté à mobiliser "tous les moyens" pour soigner les blessés et appelé à des investigations approfondies, soulignant que "toutes les régions et départements doivent tirer les leçons de cet accident".
- Sécurité -
Les médias d'Etat avaient dans un premier temps samedi matin fait état de quatre morts et de dizaines de personnes bloquées dans la mine, où les niveaux de monoxyde de carbone dépassaient le seuil limite.
Ce gaz toxique et inodore est généré lors d'un coup de grisou, qui se produit quand le méthane se dégageant du charbon s'accumule faute de ventilation et se retrouve en présence d'une flamme ou étincelle.
La sécurité dans les mines chinoises s'est améliorée au cours des dernières décennies, tout comme la couverture médiatique des incidents majeurs, dont beaucoup étaient autrefois passés sous silence. Mais les accidents restent fréquents dans un secteur où les protocoles de sécurité sont souvent laxistes.
En février 2023, l'effondrement d'une mine de charbon à ciel ouvert en Mongolie intérieure (nord) avait fait 53 morts. Des dizaines de personnes et de véhicules avaient été ensevelis.
La Chine, première émettrice mondiale de CO2, est la plus grosse consommatrice de charbon, ressource qu'elle considère comme une solution fiable face à l'approvisionnement intermittent des énergies renouvelables.
Les seules mines de charbon y emploient plus de 1,5 million de personnes.
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