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Vast veut ouvrir l'ère post-ISS des vols habités affranchis de la Russie
Vast veut ouvrir l'ère post-ISS des vols habités affranchis de la Russie / Photo: Ludovic MARIN - POOL/AFP/Archives

Vast veut ouvrir l'ère post-ISS des vols habités affranchis de la Russie

La future génération de stations spatiales privées prend forme avec la mission prévue au printemps 2027 du Français Arnaud Prost vers Haven-1, le module orbital développé par la société américaine Vast, dans un contexte de transition après l'ISS et de volonté d'indépendance occidentale vis-à-vis des capacités russes pour les vols habités.

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Dans la perspective de la désorbitation à l'horizon 2030 de la Station spatiale, "l'objet le plus cher jamais créé par les humains, de l'ordre de 150 milliards" de dollars, Vast est la première société à avoir sécurisé des équipages pour sa future station, encore en cours d'assemblage.

Un jalon clé dans la transition vers une nouvelle ère des vols habités, moins chers et indépendants de la Russie, explique à l'AFP Max Haot, directeur général de Vast.

- Mission inaugurale -

"Arnaud Prost nous rejoint dans l'équipage de la mission inaugurale de ce qui sera la première station commerciale opérationnelle au monde lorsqu'elle sera lancée l'année prochaine", souligne-t-il.

A bord de Haven-1, il s'occupera de la "mise en service" et des tests avant de procéder à des expériences scientifiques comme sur l'ISS, a-t-il précisé.

Haven-1, "un module unique", restera en orbite pendant trois ans "et accueillera quatre missions de deux semaines" chacune, détaille Max Haot.

Vast produira ensuite "des modules en série, afin de réduire des coûts qui, dans le passé, dépassaient le milliard de dollars pour un module de l'ISS, à un niveau cinq à dix fois inférieur".

"Cela permettrait d'augmenter le nombre de vols habités et de proposer des prix plus attractifs à nos clients. Après Haven-1, on assemblera plusieurs modules pour remplacer l'ISS".

D'autres sociétés américaines comme Axiom Space ou Blue Origin sont en lice pour remplacer l'ISS.

Vast, fondée en 2021 par le milliardaire des cryptomonnaies Jed McCaleb, est arrivée dans la course "avec du retard", mais assure avoir aujourd'hui "deux ans d'avance sur la concurrence", des contrats avec la Nasa à l'appui.

Avec l'annonce du voyage avec Arnaud Prost ainsi que celui de Thomas Pesquet également en 2027 vers l'ISS comme "un test" en vue de courtes missions commerciales, Vast inaugure son siège européen à Paris et compte profiter des synergies avec le secteur spatial européen.

"Nous espérons lancer trois modules par an pour notre future station et qu'au moins un module sera lancé par un lanceur européen", a-t-il précisé.

- Dépendances? -

Vast prévoit de déployer progressivement sa future station spatiale commerciale, composée à terme de neuf modules remplacés par rotation tous les trois ans.

La société a l'objectif de disposer de quatre modules avant 2030, qui permettront des missions d'une durée de six mois.

Pour les deux missions annoncées, Vast entend utiliser les fusées de SpaceX Falcon-9 et le vaisseau Crew Dragon, le seul appareil américain actuellement habilité à transporter des astronautes jusqu'à l'ISS.

Interrogé sur les risques de dépendre de la société d'Elon Musk, Max Haot a défendu l'approche "unique" de SpaceX, "la rapidité et la réutilisation des fusées".

"C'est un modèle pour tout le monde et c'est l'avenir de l'espace", assure-t-il.

"Si SpaceX n'avait pas réussi à créer Dragon, Vast ne pourrait pas exister et les Etats-Unis et l'Europe seraient toujours dépendants de la Russie pour envoyer les humains dans l'espace", ajoute-t-il.

Malgré la rupture de nombreuses coopérations avec Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine, les partenaires de la Station spatiale internationale ont maintenu leur collaboration avec la Russie, les systèmes russes et américains restant étroitement complémentaires pour assurer le fonctionnement et la sécurité de l'ISS.

Alors que le vol habité n'est pas une priorité de la politique spatiale européenne, le Vieux continent pourrait profiter d'"un scénario du milieu": ni envoyer ses astronautes dans l'espace de façon autonome, ni dépendre complètement des Etats-Unis, selon Max Haot.

Vast s'implante en Europe "qui est un marché important" où l'entreprise n'exclut pas de créer un jour "des systèmes entiers", conclut-il.

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