The Hong Kong Telegraph - Taux d'intérêt américains: rare tension autour de la décision de la Fed

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Taux d'intérêt américains: rare tension autour de la décision de la Fed
Taux d'intérêt américains: rare tension autour de la décision de la Fed / Photo: Brendan SMIALOWSKI - AFP/Archives

Taux d'intérêt américains: rare tension autour de la décision de la Fed

La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait relever mercredi ses taux d'intérêt pour calmer l'inflation, une mesure attendue par les marchés financiers mais combattue par le président Donald Trump.

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L'annonce tombera à 18H00 GMT.

Le nouveau patron de la banque centrale de la première économie mondiale Kevin Warsh prendra la parole une demi-heure plus tard.

Il a été désigné par Donald Trump qui réclame sans cesse des taux directeurs plus bas pour stimuler la croissance. Le chef de l'Etat a notamment mené une campagne de pressions inédite contre le prédécesseur de Kevin Warsh, Jerome Powell, qu'il avait lui-même nommé pendant son premier mandat.

Pour les investisseurs, l'inflation ne laisse guère d'autre choix à Kevin Warsh que de décevoir à son tour le locataire de la Maison Blanche.

Ils parient sur un relèvement des taux directeurs d'un quart de point (pour atteindre entre 3,75% et 4%), selon l'outil de veille CME FedWatch.

Les marchés sont cependant moins unanimes que d'habitude. Certains opérateurs continuent en effet de penser que la Réserve fédérale optera pour le statu quo comme à chaque réunion depuis le début de l'année.

D'après les analystes de la banque BBVA, l'issue "est loin d'être pliée" mais "la Fed de Warsh s'est elle-même coincée dans un scénario de relèvement des taux en adoptant une rhétorique ferme" à l'égard de l'inflation.

Ils s'attendent donc à ce qu'elle procède à son premier tour de vis depuis l'été 2023 pour "préserver sa crédibilité".

Economiste pour le cabinet EY, Gregory Daco veut quant à lui croire que la banque centrale n'augmentera pas ses taux "uniquement pour des raisons de crédibilité".

Il considère qu'elle ne devrait pas non plus "se retenir" d'y toucher parce que des élections approchent (les "midterms", début novembre).

Selon lui, le débat autour de la politique américaine a été parasité par les "pressions politiques incessantes" et la réticence de Kevin Warsh à livrer une "communication transparente".

- "Epreuve de vérité" -

Avant d'arriver aux manettes, Kevin Warsh a vertement critiqué la gestion par la Fed de la forte inflation ayant suivi la pandémie de Covid-19. Il s'est par ailleurs montré plutôt séduit par les politiques économiques de Donald Trump, dont il convoitait la nomination.

L'opposition démocrate l'a très vite catalogué en "pantin" du président.

"C'est l'épreuve de vérité pour lui", souligne auprès de l'AFP David Wessel, chercheur à la Brookings Institution. "Soit il va complètement décevoir les marchés, soit il va prendre le risque de s'attirer les foudres de Donald Trump."

Selon lui, "s'il relève les taux maintenant et que Trump pique une crise, il aura établi sa crédibilité pour le reste de son mandat", qui court jusqu'en 2030.

Censée rester indépendante, la Fed est chargée de viser à la fois une hausse des prix limitée à 2% et le plein-emploi.

Le second objectif est actuellement assuré avec un chômage limité à 4,1%.

L'inflation, elle, est supérieure à l'objectif depuis plus de cinq ans sans perspective d'amélioration prochaine vu la récente remontée des prix à la pompe.

La réunion sera pour la Réserve fédérale l'occasion d'actualiser ses prévisions économiques (elle le fait une fois par trimestre). Le document sera scruté par les investisseurs pour jauger la tournure possible des deux derniers rendez-vous monétaires de l'année.

Douze responsables, dont Kevin Warsh, votent sur les taux directeurs. Ils doivent donc être au minimum sept pour faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre. Trois personnes voulaient déjà une hausse fin juillet.

田-L.Tián--THT-士蔑報