Marchés mondiaux: la France sous haute surveillance inquiète la planète finance
La France restait lundi sous haute surveillance des marchés financiers mondiaux, la défiance envers sa dette maintenant l'euro près de son plus bas niveau depuis mai 2025, tandis que l'annonce d'élections anticipées en Espagne ajoutait à la nervosité en zone euro.
La France inquiète avec sa dette à 119% du PIB et son gouvernement sans majorité parlementaire pour adopter des mesures d'économies dans le budget 2027, sur fond de campagne présidentielle et des sondages qui mettent en avant deux figures radicales (Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon).
Dans un contexte global de hausse des taux d'intérêt, les investisseurs demandent donc une prime de risque supplémentaire à la France, qui emprunte beaucoup plus cher que l'Allemagne pour financer sa dette.
Lundi vers 12H00 GMT, le "spread" -l'écart de taux- se détendait légèrement avec un coût du crédit à dix ans en France à 4,83% (il était de 4,87% vendredi à la clôture), contre 3,45% en Allemagne (3,46% vendredi).
"Les rendements français (taux d'intérêt d'emprunt) seront de nouveau au centre de l’attention cette semaine, les investisseurs restant préoccupés par les perspectives budgétaires", avance Kathleen Brooks de la plate-forme XTB Markets.
"Seul un accord budgétaire convaincant apporterait un soulagement à la France et aux marchés européens dans leur ensemble", ajoute Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
"La poursuite de la paralysie politique pourrait maintenir les investisseurs en retrait, et exercer une pression sur l’euro ainsi que sur les marchés boursiers européens", ajoute-t-elle.
- L'euro en recul -
L'euro était en retrait face au dollar, à 1,1208 dollar pour un euro. Outre les inquiétudes sur la situation en France, la monnaie unique encaissait l'annonce dans la matinée d'élections anticipées en Espagne prévues pour fin novembre.
"L’Espagne reste un élément secondaire, mais la France constitue le véritable facteur de prime de risque pour l’euro", insiste Neil Wilson de Saxo Market, rappelant que "les chances de voir Marine Le Pen remporter l’élection présidentielle de l’an prochain augmentent, sur fond de troubles civils et de dégradation de la situation budgétaire".
- Baisse du pétrole -
Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 101,85 dollars (-0,39%), et le WTI américain reculait à 89,66 dollars le baril (-1,59%).
Les exportations de pétrole brut des pays du Moyen-Orient, hors Iran, ont dépassé la semaine dernière leur niveau d'avant la guerre dans la région, malgré les attaques contre des navires dans le détroit d'Ormuz, selon les données de la société de suivi maritime Kpler.
- Bourse: Paris à la peine -
La baisse du pétrole profitait à tous les grands marchés européens sauf Paris: Francfort prenait 0,25%, Milan +0,36%, Londres +0,48% et même l'Ibex à Madrid est resté indifférent à l'annonce d'élections anticipées (+0,80%).
A Paris, le CAC 40 reculait (-0,52%), entraîné par le mouvement de cession des titres de Schneider Electric (-9,79%), en plus du contexte politique et budgétaire en France.
Le géant français des équipements électriques plongeait après l'annonce de l'acquisition de l'américain PTC, concepteur de logiciels, pour 22,6 milliards de dollars (20,1 milliards d'euros).
Inversement, le bénéficiaire du rachat PTC s'envolait de 36% au Nasdaq dans les échanges avant la séance.
A New York, les trois indices sont attendus en légère baisse à l'ouverture, d'après ces contrats à terme négociés avant la séance: Dow Jones -0,05%, S&P 500 -0,06%, -0,14%.
En Asie, les indices ont emboîté le pas à ceux de Wall Street, qui avaient clôturé en hausse vendredi, en réaction à un ralentissement des créations d'emplois sur le marché du travail américain, qui dissipait provisoirement une nouvelle hausse des taux directeurs par la Réserve fédérale.
L'indice Taiex de la Bourse de Taipei a terminé en hausse (+2,55%), tout comme Tokyo (+2,40%). Hong Kong a fini à l'équilibre (+0,03%). Séoul était fermé.
"Tandis que les signaux venus des États-Unis et d’Asie sont positifs, les facteurs de pression restent tenaces en Europe", résume Andreas Lipkow de CMC Markets.
"Les marchés actions asiatiques ont transformé les signaux positifs de Wall Street en gains de cours", poursuit-il. "En Europe en revanche, les rendements élevés des obligations d’État françaises restent un facteur de tension majeur".
姜-A.Jiāng--THT-士蔑報