Le coup de rabot de MaPrimeRénov' refusé par le Conseil national de l'habitat
Deux textes du gouvernement prévoyant de réduire la liste des travaux isolés éligibles aux aides MaPrimeRénov' ont été rejetés jeudi par le Conseil national de l'habitat (CNH), organe consultatif regroupant des acteurs du logement, selon un avis consulté par l'AFP.
Le décret et l'arrêté, que le gouvernement prévoit de publier sous peu, réduisent à peau de chagrin les travaux éligibles aux aides à la rénovation dites "par geste", c'est-à-dire qui subventionnent les travaux réalisés de façon isolée, à la différence des aides dédiées aux rénovations globales de logement, qui cumulent plusieurs types de travaux.
Ces textes visent à sortir de la liste des travaux éligibles l'installation de poêles à bois ou à granulés, de chauffe-eau et chauffages solaires (sauf en Outre-mer), de pompes à chaleur dédiées à la production d'eau chaude sanitaire, de systèmes de ventilation, ainsi que les travaux d'isolation des toits, des combles et le changement des fenêtres.
Il resterait dans la liste des équipements subventionnés l'installation de pompes à chaleur utilisées pour se chauffer (air/eau, géothermique, solarothermique), le raccordement aux réseaux de chaleur, la réalisation d'audit énergétique, la dépose de cuve à fioul, les gestes de travaux spécifiques pour les immeubles situés en Outre-mer.
Les aides MaPrimeRénov' dédiées aux rénovations globales de logement sont elles inchangées et continuent de subventionner ces travaux.
Le CNH a rejeté cette réforme par 25 voix contre, six voix pour et sept abstentions, selon l'avis consulté par l'AFP. Ce vote n'est cependant pas contraignant pour le gouvernement.
Le ministère du Logement avait assumé "un choix de responsabilité: concentrer l'argent public sur les rénovations les plus efficaces", et privilégie ainsi les rénovations globales de logement, "dans un contexte budgétaire contraint et en cohérence avec le "plan électrification" annoncé en avril.
Mais pour le secteur, c'est un "nouveau signal désastreux envoyé à la rénovation énergétique", selon Audrey Zermati, directrice stratégie d'Effy, spécialisé dans la rénovation de maisons.
La Fédération française du bâtiment accuse le gouvernement de "renoncer à la rénovation énergétique" avec cette "décision incompréhensible et à contre-sens des ambitions environnementales affichées".
"Le pire ennemi de la rénovation, ce n'est pas le monogeste, c'est l'absence de travaux. Si l'on demande aux Français de tout faire d'un coup, beaucoup renonceront tout simplement à rénover leur logement", prévient Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), qui s'inquiète aussi des conséquences de cette décisions sur les entreprises.
喬-H.Qiáo--THT-士蔑報