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Trump revient sur sa menace d'invoquer l'Insurrection Act au Minnesota
Trump revient sur sa menace d'invoquer l'Insurrection Act au Minnesota / Photo: Octavio JONES - AFP

Trump revient sur sa menace d'invoquer l'Insurrection Act au Minnesota

Donald Trump a dit vendredi qu'il ne voyait "pas de raison pour le moment" d'invoquer l'Insurrection Act, qui lui permettrait d'utiliser l'armée comme force de police, après avoir brandi cette menace la veille face à des manifestations au Minnesota, dans le nord des Etats-Unis.

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La principale ville de l'État, Minneapolis, est sous tension depuis la mort la semaine dernière d'une Américaine, Renee Good, tuée par un agent de la police de l'immigration (ICE) dans le cadre d'opérations d'envergure.

S'ajoutant aux quelque 2.000 policiers déjà déployés, des centaines d'autres ont rejoint le Minnesota en début de semaine. Et un ressortissant vénézuélien a été blessé par un nouveau tir policier mercredi.

Les opérations, auxquelles tentent toujours de s'opposer des civils, se poursuivaient sous la neige vendredi, selon des photos de l'AFP.

"Si j'en avais besoin (de l'Insurrection Act, NDLR), je l'utiliserais. Je pense qu'il n'y a pas de raison pour le moment de le faire", a déclaré le président américain face à la presse à la Maison Blanche vendredi.

La veille, il avait pourtant menacé sur Truth Social d'invoquer cette législation d'exception si "les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s'emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d'attaquer" les agents de l'ICE.

- "Incitation à la violence" -

Compilation de lois des XVIIIe et XIXe siècles que Donald Trump a plusieurs fois parlé d'utiliser, l'Insurrection Act instaure une forme d'état d'urgence qui permet à l'État fédéral d'utiliser l'armée à des fins de maintien de l'ordre sur le territoire américain.

Il a été invoqué pour la dernière fois en 1992 par le président George Bush père, à la demande du gouverneur républicain de Californie, confronté à des émeutes à Los Angeles après l'acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, un automobiliste noir.

Vendredi, un tribunal fédéral du Minnesota a par ailleurs inculpé un homme de 33 ans pour avoir volé un fusil dans un véhicule du FBI dans le cadre des affrontements de plus en plus violents dans l'État. Le suspect, soupçonné d'être affilié à un gang, devait comparaître devant la justice dans la journée.

Dans un communiqué, le procureur fédéral Daniel Rosen a estimé que ce vol résultait "de l'incitation à la violence contre les forces de l'ordre fédérales de la part des autorités locales" démocrates.

Celles-ci martèlent que l'ICE n'est pas la bienvenue dans l'État et contestent la thèse officielle selon laquelle le policier qui a tiré sur Renee Good était en état de légitime défense, en se basant sur des vidéos.

Elles réclament que les responsabilités soient établies dans la mort de cette mère de 37 ans, craignant que l'enquête du FBI ne soit biaisée.

- Mort "injustifiée" -

Le policier en question n'a pour l'heure fait l'objet ni de poursuites ni d'une suspension.

Mercredi, les avocats de la famille de la victime ont annoncé l'ouverture d'une enquête civile, une première étape pour une éventuelle action contre l'État fédéral.

Plusieurs sondages publiés jeudi montrent qu'une majorité d'Américains jugent "injustifiée" la mort de Renee Good. Ces enquêtes, notamment une de CNN, établissent également que les Américains sont largement en désaccord avec les explications données par l'administration Trump.

Dans le Minnesota, "le débat s'intensifie au sein du mouvement de protestation sur la fermeté à adopter en résistance à l'ICE", rapporte vendredi un journal local, le Star Tribune. Les manifestants se montrent également de plus en plus méfiants à l'égard de "provocateurs d'extrême droite qui tentent de (les) pousser à l'émeute", écrit le journal.

Sur le front judiciaire, la section locale de l'organisation de défense des droits civiques ACLU a intenté mercredi une action contre l'administration fédérale, reprochant à ses agents sur place d'avoir "bafoué les droits humains fondamentaux (...), visant tout particulièrement les communautés somaliennes et latinos".

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