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Présidentielle au Portugal: l'extrême droite attendue au second tour
Présidentielle au Portugal: l'extrême droite attendue au second tour / Photo: PATRICIA DE MELO MOREIRA - AFP

Présidentielle au Portugal: l'extrême droite attendue au second tour

Les Portugais votent dimanche pour le premier tour d'une élection présidentielle où l'extrême droite, déjà la première force d'opposition du pays ibérique, peut franchir un nouveau palier en plaçant son candidat au second tour.

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Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (locales et GMT) pour 11 millions d'électeurs au Portugal et à l'étranger, et des projections sortie des urnes seront connues à 20H00.

Selon les sondages, André Ventura, président du parti d'extrême droite Chega ("Assez"), pourrait arriver en tête de ce scrutin, mais le député de 43 ans aurait très peu de chances de l'emporter au second tour, prévu le 8 février.

Après des semaines de campagne à l'issue très incertaine, le candidat socialiste Antonio José Seguro semblait avoir une petite longueur d'avance sur l'eurodéputé libéral Joao Cotrim Figueiredo dans la course à la deuxième position.

Sur un total de onze candidats - un nombre record -, deux autres postulants conservent aussi des chances de se qualifier pour le second tour, qui opposera les deux candidats ayant recueilli le plus de suffrages dimanche: Luis Marques Mendes, représentant du camp du gouvernement de droite, et l'indépendant Henrique Gouveia e Melo, un amiral à la retraite qui avait dirigé avec succès la campagne de vaccination contre le Covid-19.

- "Bataille des droites" -

Le vainqueur de l'élection succédera au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, élu à deux reprises dès le premier tour. Depuis l'avènement de la démocratie au Portugal, une seule élection présidentielle s'est décidée au second tour, en 1986.

Seul candidat déjà présent lors de la précédente élection présidentielle de 2021, André Ventura y avait alors recueilli 11,9% des suffrages, soit près de 500.000 voix, pour terminer en troisième position, tout juste derrière une candidate socialiste dissidente.

Depuis, son parti n'a cessé de progresser dans les urnes, obtenant 22,8% des voix et 60 députés lors des législatives de mai dernier, dépassant le Parti socialiste en tant que premier parti d'opposition au gouvernement minoritaire de Luis Montenegro.

"Un nouveau score solide pour l’extrême droite confirmerait sa domination sur le paysage politique" et marquerait un nouveau chapitre dans "la bataille en cours au sein de la droite, entre le centre droit traditionnel et l'extrême droite émergente", a résumé dans une note le cabinet d'analyses Teneo.

M. Ventura a d'ailleurs terminé sa campagne en demandant aux autres partis de droite de ne pas lui "faire obstacle" lors d'un éventuel second tour l'opposant au candidat socialiste.

Mais, dans son tout dernier meeting vendredi soir, cet auto-proclamé "candidat du peuple" a de nouveau durci le ton, en refusant d'essayer de "plaire à tout le monde" et en promettant de "mettre de l'ordre" dans le pays.

- "Appel aux démocrates" -

Le candidat socialiste Antonio José Seguro, 63 ans, ancré au centre, a en revanche joué la carte du candidat rassembleur et modéré, qui se pose en défenseur de la démocratie et des services publics. "J'appelle tous les démocrates, tous les progressistes et tous les humanistes à concentrer leurs voix sur notre candidature", a-t-il déclaré au dernier jour de campagne.

"Le choix du président dans le contexte international actuel est important. J'espère que les Portugais feront le bon choix", a témoigné Carlos Lameiras, un retraité de 80 ans, en allant voter dans une école de la banlieue sud de Lisbonne.

"Celui qui me séduit le plus, c'est encore l'amiral. Les autres, ce sont des candidats liés aux partis politiques. Ils défendent uniquement leurs intérêts", a pour sa part commenté José Alexandre, un ouvrier de 59 ans.

Elu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, le président portugais n'a pas de pouvoirs exécutifs, mais peut être appelé à jouer un rôle d'arbitre en cas de crise, disposant du droit de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives.

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