Une nouvelle attaque russe prive de chauffage près de la moitié de Kiev
Une attaque nocturne aérienne de Moscou a de nouveau privé de chauffage plus de 5.600 immeubles résidentiels à Kiev par des températures de -14°C, soit près de la moitié de la capitale, ont annoncé mardi matin les autorités.
"Après cette attaque, 5.635 immeubles d'habitation sont sans chauffage", a indiqué le maire de la capitale Vitali Klitschko sur Telegram. "Près de la moitié de Kiev est actuellement sans courant. La Russie n'a pas changé de cap: détruire l'Ukraine", a déploré de son côté la vice-ministre des Affaires étrangères, Mariana Betsa.
La vaste partie de la ville située sur la rive orientale du fleuve Dniepr et composée essentiellement de quartiers résidentiels est par ailleurs privée d'eau du robinet, a-t-il ajouté.
Ces nouvelles frappes russes interviennent peu après la pire attaque de Moscou sur le réseau énergétique de Kiev depuis le début de son invasion de l'Ukraine il y a quatre ans, le plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le bombardement effectué à l'aube du 9 janvier avait visé des sites énergétiques, privant de chauffage 6.000 immeubles - soit la moitié de la ville.
De très nombreux résidents ont aussi été privé d'électricité pendant des jours, au moment où Kiev est frappé par une vague de froid inédite depuis plusieurs années.
Les autorités ukrainiennes mettaient en garde depuis plusieurs jours contre une nouvelle attaque massive russe contre les réseau énergétique du pays.
D'autres régions ukrainiennes, notammment celles d'Odessa (sud), Rivné (ouest) et Vinnytsia (centre-ouest), ont également subi des bombardements sur leurs infrastructures énergétiques pendant la nuit, selon les autorités locales.
La compagnie énergétique d'Etat Ukrenergo a annoncé dans la matinée des coupures d'électricité d'urgence afin de stabiliser le système.
Dans la région de Rivné, plus de 10.000 foyers ont été privés de courant, a annoncé l'administration régionale.
Au cours des nouvelles frappes nocturnes, une femme a été blessée et hospitalisée à Kiev, a précisé M. Klitschko. Plusieurs bâtiments ont été endommagés, notamment une école primaire, a-t-il ajouté.
Dans la région de Kiev, près de la ville de Boutcha, un homme de 50 ans a été mortellement blessé, a indiqué le gouverneur régional sur Telegram. Deux stations-service ont été endommagées.
- Drones et missiles -
La Russie "vise les civils et des infrastructures civiles. L'ennemi terrorise délibérément des villes et villages ukrainiens", s'est insurgé le gouverneur, Mykola Kalachnyk.
Dans la nuit, la Russie a d'abord tiré sur Kiev des drones de combat à longue portée avant de lancer des missiles balistiques en direction de la ville et sa région.
Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises dans le centre-ville pendant l'alerte aérienne qui a duré plus de six heures, ont constaté des journalistes de l'AFP, qui ont également assisté au opérations de la défense aérienne.
"Les services communaux et énergétiques travaillent pour restaurer le chauffage, l'eau et l'électricité dans les domiciles des Kiéviens", a ajouté M. Klitschko.
Selon lui, presque 80% des immeubles privés de chauffage mardi étaient déjà touchés par le même problème à la suite de la précédente attaque.
L'attaque a également perturbé la circulation du métro à Kiev, selon la mairie.
La Russie pilonne le système énergétique ukrainien depuis le début de son invasion, une tentative visant selon Kiev à saper le moral et briser la résistance des Ukrainiens.
Ces attaques se poursuivent alors que le président américain Donald Trump pousse Kiev et Moscou à mettre fin aux hostilités.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a maintes fois indiqué douter de la volonté de la Russie de mettre fin à son invasion, estimant que Moscou se concentrait à l'inverse sur ses frappes contre l'Ukraine.
林-L.Lín--THT-士蔑報