Trump "insiste" auprès de Netanyahu sur le dialogue avec l'Iran
Donald Trump a "insisté" mercredi auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, sur sa volonté de poursuivre les discussions avec l'Iran.
Son invité, partisan d'une ligne dure, a lui plaidé pour la prise en compte des "besoins sécuritaires" de son pays dans ces pourparlers.
La rencontre à la Maison Blanche entre le président américain et le dirigeant israélien a duré plus de deux heures. Fait relativement inhabituel, cette septième entrevue entre les deux hommes depuis le retour au pouvoir du républicain de 79 ans a eu lieu complètement à l'écart de la presse.
- "Préférence" de Trump -
"Aucune décision définitive n'a été prise si ce n'est que j'ai insisté sur le fait que les négociations avec l'Iran continueraient pour voir si oui ou non un accord pouvait être conclu. Si c'est possible, j'ai indiqué au Premier ministre que cela aurait ma préférence", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social à l'issue de la réunion.
"Si ce n'est pas possible, nous devrons voir quel sera le résultat", a ajouté le républicain, qui a positionné une impressionnante armada dans la région.
"La dernière fois, l'Iran avait décidé qu'il serait mieux de ne pas conclure d'accord" et "cela a mal tourné pour eux", a-t-il ajouté, en référence au bombardement par les Etats-Unis de sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.
"Espérons que cette fois ils seront plus raisonnables", a conclu Donald Trump à l'intention des Iraniens.
- Enjeux pour Netanyahu -
Benjamin Netanyahu a pour sa part "insisté sur les besoins sécuritaires de l'Etat d'Israël dans le cadre des négociations" entre les Etats-Unis et l'Iran, a fait savoir le bureau du dirigeant israélien dans un communiqué après la rencontre.
"Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre la coordination et le contact étroit entre eux", selon la même source.
"Il faut inclure dans toute négociation (entre l'Iran et les Etats-Unis) la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien à l'axe iranien", c'est-à-dire aux groupes armés liés à Téhéran dans la région, avait réclamé Benjamin Netanyahu avant sa venue.
La question des missiles est une ligne rouge pour Israël, distant d'environ 2.000 kilomètres de l'Iran.
Benjamin Netanyahu assure que l'action militaire est le seul moyen de résoudre une fois pour toute la question nucléaire iranienne.
- Les pourparlers -
Après de premiers pourparlers le 6 février à Oman, Washington et Téhéran ont dit vouloir poursuivre le dialogue, même si leurs positions sont très éloignées.
"Les discussions sont limitées à la question nucléaire", a affirmé mercredi Ali Larijani, chef du Conseil iranien de sécurité nationale, dans un entretien avec Al Jazeera rapporté par l'agence d'Etat iranienne IRNA.
Il y répète que Téhéran refuse de renoncer entièrement à l'enrichissement d'uranium et accuse Israël de chercher à "saboter" les pourparlers. En cas d'attaque américaine, "nous attaquerons les bases (des Etats-Unis) dans la région", a-t-il aussi rappelé.
Washington n'entend pas limiter un éventuel accord au nucléaire.
Les Etats-Unis veulent limiter la portée des missiles balistiques iraniens et mettre fin au soutien à des groupes armés hostiles à Israël, comme les rebelles Houthis du Yémen, le mouvement islamiste libanais Hezbollah ou le Hamas palestinien.
- "Conseil de paix" -
Pendant une rencontre mercredi avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, Benjamin Netanyahu a ratifié la participation d'Israël au "Conseil de paix" de Donald Trump, selon ses services.
Le Premier ministre n'a pas attendu la cérémonie officielle d'inauguration de ce nouveau format multilatéral, le 19 février à Washington.
Selon les analystes, le dirigeant israélien a anticipé sa venue pour tenter d'influencer Donald Trump avant que le président américain ne rencontre la semaine prochaine des dirigeants arabes participant à son "Conseil de paix".
Ces derniers pourraient plaider pour la retenue face à l'Iran.
L'organe dirigé par le président américain a été imaginé pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza mais sa charte lui assigne un objectif plus large, concurrent de celui de l'ONU, à savoir la résolution des conflits armés dans le monde.
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