Le ministre de l'Economie français évoque "un nouveau choc pétrolier"
La guerre au Moyen-Orient provoque "un nouveau choc pétrolier" qui risque de peser sur la croissance économique de la France, a affirmé le ministre français de l'Economie Roland Lescure, mardi, à l'Assemblée nationale.
"C'est un choc pétrolier. On en a connu une dizaine depuis 50 ans", a déclaré M. Lescure.
"L'hypothèse d'une crise passagère, dont les conséquences économiques s'effaceraient avec la fin des bombardements, n'est malheureusement désormais plus d'actualité", a-t-il dit, devant la commission des Finances de l'Assemblée.
"Avec la crise, ce sont 15 à 20% du pétrole, 20% du gaz naturel liquéfié, au niveau mondial, qui n'arrivent plus sur les marchés", a précisé le ministre. "Ce sont donc 11 millions de barils en moins par jour pour l'économie mondiale", a-t-il souligné.
"Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier. Et si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l'économie, et être au fond d'une nature plus systémique", a estimé M. Lescure.
"Nous suivons la diffusion plus large du choc dans l'économie, qui dépendra évidemment de la durée et de l'intensité du conflit", a-t-il ajouté.
M. Lescure a cité les prévisions de l'institut statistique national français (Insee), selon lesquelles la croissance économique de la France devrait ralentir cette année, à 0,2% au premier trimestre comme au deuxième.
Mardi soir sur France Inter, le ministre a toutefois fait valoir qu'on "n'est pas dans les années 1970" et qu'en France on est "moins exposés et mieux préparés que d'autres pays", notamment parce que l'électricité française est "nucléaire" et "pas gazière" contrairement "à l'Allemagne, à l'Italie".
"La France est entrée dans cette crise plutôt en bonne forme (...) et donc on peut espérer, à condition de bien faire les choses, passer à travers (...), si elle ne dure pas trop longtemps, sans trop de dommages, mais ça va nous coûter", a-t-il prévenu.
Interrogé sur la colère suscitée par la hausse des prix des carburants et le refus du gouvernement de baisser les taxes associées, M. Lescure a assuré que l'Etat n'allait pas "s'enrichir".
"Un choc pétrolier, c'est mauvais pour les comptes de la France", a indiqué le ministre, en expliquant que, outre la croissance amoindrie qui se répercutera sur les recettes fiscales, certaines dépenses de prestations sociales devraient par ailleurs croître.
Concernant les carburants, "globalement les marges des distributeurs n'ont pas augmenté", a-t-il noté, en annonçant que "plus de 1.000 contrôles" avaient été effectués dans les stations-service, où "5% d'excès" ont été relevés.
Interrogé à l'Assemblée sur l'opportunité de revoir le budget de l'Etat, le ministre a répondu qu'il attendait un "comité d'alerte" prévu le 21 avril. "A ce stade, il est évidemment trop tôt", a-t-il dit.
"Le ministre des Comptes publics David Amiel va mettre en place dans les prochains jours un observatoire de la crise et de (son) impact sur les finances publiques", a-t-il ajouté.
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