Moyen-Orient: les investisseurs tentent de garder le moral sur des marchés contrastés
Les principales Bourses européennes ont fini dans le vert lundi, portées par les espoirs d'un plan iranien pour mettre fin à la guerre, tandis que les marchés américains demeuraient sceptiques et que le pétrole repartait à la hausse après une brève accalmie.
En Europe, Francfort a grimpé de 1,49%, Londres de 1,26%. Paris a pris 0,44%. Seule Milan a fini en repli (-0,91%).
Rare lueur d'espoir de la journée, l'Iran a répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis pour sortir de l'impasse diplomatique et mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué lundi son ministère des Affaires étrangères.
"La nouvelle de la présentation par l'Iran d'un plan en cinq points a provoqué aujourd'hui un net retournement de tendance sur le DAX", explique à Francfort l'analyste Andreas Lipkow de CMC Markets.
Sur le terrain, Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens.
"Le marché a une fois de plus été soutenu principalement par les rares valeurs technologiques comme Infineon et SAP. Les investisseurs ont également joué le thème de l'IA via les actions Siemens Energy et Siemens", ajoute l'analyste allemand, résumant une tendance mondiale.
La Bourse de Londres a été largement portée par ses valeurs pétrolières BP (+2,70%) et Shell (+2,97%).
L'annonce du plan iranien n'a pas eu le même effet à New York, qui vit dans l'attente de la publication mercredi des résultats de la plus grande capitalisation boursière mondiale, le fabriquant de micro-processeurs Nvidia.
L'indice Nasdaq à dominante technologique (-0,80%) reculait vers 16H15 GMT, tout comme le S&P 500 (-0,38%). Seul le Dow Jones flottait à peu près à l'équilibre (+0,09%).
"La tentative de rebond de Wall Street a échoué alors que le pétrole grimpe après que des doutes ont refait surface au sujet d'un accord imminent entre les Etats-Unis et l'Iran", résume l'agence Bloomberg.
Le pétrole repart à la hausse
A 16H00 GMT, les prix du baril de Brent de la mer du Nord repartait à la hausse (+1,57%) à 110,97 dollars le baril, tout comme le WTI américain (+1,48% à 106,98 dollars).
Les cours avaient reculé un peu plus tôt après la publication d'un article de l'agence de presse iranienne Tasnim faisant état d'une proposition américaine de suspension des sanctions pétrolières contre l'Iran.
"Les marchés sont taraudés par plusieurs forces contradictoires", résume Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marché de capitaux chez Tikehau. "Il y a des résultats d'entreprises positifs. Mais il y a des inquiétudes autour de la stagflation".
Les taux d'intérêt stables mais élevés
Les taux d'intérêt de la dette des Etats se sont stabilisés après avoir flambé en fin de semaine dernière.
En Europe, le rendement de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, atteignait 3,15%, contre 3,16% vendredi en clôture et 3,04% jeudi soir.
Son équivalent français restait stable par rapport à vendredi, à 3,78%. Jeudi, ce taux n'était qu'à 3,66%. Le rendement de l'obligation italienne s'élevait à 3,91%.
Face au risque d'inflation, qui réduit la valeur de leur capital prêté, les créanciers demandent une prime de risques sous la forme de taux d'intérêt plus élevés.
Dans ce contexte, "les investisseurs craignent de voir les banques centrales relever les taux", explique Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché pour IG France.
"Vendredi, une nouvelle flambée des rendements des bons du Trésor américains, à la suite de chiffres d'inflation plus élevés que prévu la semaine dernière, a renforcé les anticipations selon lesquelles la Fed pourrait devoir maintenir plus longtemps un ton restrictif", analyse Fawad Razaqzada, analyste de marché chez Forex.com.
Cette analyse ne fait pas consensus. "Nous nous attendons à ce que Kevin Warsh, le futur président de la Réserve fédérale américaine (Fed), plaide en faveur de baisses du taux directeur en mettant en avant l'intelligence artificielle (IA) comme une force désinflationniste du côté de l'offre", détaille Xiao Cui, économiste senior chez Pictet Wealth Management.
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