Le guide suprême dit que l'Iran a infligé un "revers cuisant" à ses ennemis
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a assuré jeudi que les Etats-Unis et Israël avaient subi un "revers cuisant" dans la guerre contre son pays, au moment où les négociations entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit patinent.
Son message a été lu en public à l'occasion de la commémoration à Téhéran de la mort il y a 37 ans du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini, au lendemain d'une manifestation d'optimisme par Donald Trump, qui a jugé possible un accord avec l'Iran ce week-end, malgré la reprise des attaques dans le Golfe.
"Leur principal outil" pour affaiblir l'Iran "est de semer les graines du doute, du désespoir, de la peur, de la méfiance et de la division", écrit Mojtaba Khamenei, ajoutant que "l'ennemi malveillant" a subi un "revers cuisant sur le champ de bataille".
"Face à ces funestes intentions, chacun doit, par la fermeté, la clairvoyance, la préservation de l’unité et de la cohésion, la confiance mutuelle et le refus de relayer la propagande de l’ennemi, neutraliser son sinistre complot", ajoute le guide suprême, qui a succédé à son père, Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive israélo-américaine.
Depuis sa désignation début mars, il n'a fait aucune apparition publique, seules quelques déclarations écrites lui étant attribuées.
Dans la foule rassemblée au mausolée de l'ayatollah Khomeini, des fidèles brandissent des portraits des trois dirigeants, selon des images de la télévision d'Etat. D'autres agitent le drapeau de la République islamique ou du Hezbollah libanais, soutenu par Téhéran et en guerre contre Israël, leur ennemi commun.
Ali Khamenei avait pour habitude de prononcer un discours à l'occasion de cette commémoration. Cette année, une chaise vide avec son portrait était installée au mausolée, selon des images de la télévision d'Etat.
Cette date anniversaire coïncide cette année avec les célébrations de Ghadir, l'une des principales fêtes chiites, traditionnellement célébrée en masse dans les rues.
- "Aucun progrès tangible" -
"On me dit que les négociations se passent très bien (...) cela (la fin des discussions) pourrait être ce week-end", a affirmé mercredi le président américain dans le Bureau ovale, sans exclure qu'elles échouent.
Pressé de trouver une issue, Donald Trump a déjà laissé entrevoir plusieurs fois accord proche, sans résultat tangible, tandis que sur le terrain de nouveaux affrontements entre l'Iran et les Etats-Unis dans le Golfe fragilisent le cessez-le-feu entré en vigueur depuis le 8 avril.
Confirmant le mécontentement suscité aux Etats-Unis par un conflit qui fait grimper les prix de l'énergie, la Chambre des représentants a voté une résolution - qui n'a qu'une portée symbolique en raison du droit du veto présidentiel - ordonnant un retrait des troupes américaines engagées.
"Des messages ont été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l'agression contre Beyrouth mais aucun progrès tangible n'a été réalisé dans le processus de négociation", a dit le chef de la diplomatie iranienne à la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen, selon l'agence iranienne Tasnim.
- Attaques contre le Koweït -
Le Liban et Israël se sont mis d'accord à l'issue d'une quatrième session de négociations mercredi sur "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" conditionnée à un "arrêt complet" des tirs du mouvement chiite.
Mais Israël, qui mène des raids jeudi au Liban, a annoncé se réserver le droit de frapper Beyrouth en cas d'attaque du Hezbollah, affirmant aussi que l'accord prévoyait "à ce stade" que son armée poursuive ses opérations dans la zone frontalière du sud du Liban.
Le Hezbollah, qui rejette ces pourparlers et n'a pas réagi dans l'immédiat à l'annonce de l'accord, a revendiqué des attaques contre des positions israéliennes dans ce secteur dans la nuit, et l'armée israélienne a rapporté dans la matinée une "infiltration d'appareil hostile" dans le nord du pays.
Donald Trump a déclaré vouloir "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, Téhéran considérant qu'il s'agit d'un seul et même sujet.
Autre point d'achoppement: le sort de l'uranium hautement enrichi de l'Iran, que les Etats-Unis et Israël accusent de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran réfute.
Les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, voie stratégique pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran, faisant repartir à la hausse les cours du pétrole.
Le Koweït a accusé mercredi l'Iran d'une attaque meurtrière (un mort et 63 blessés) contre son aéroport, disant avoir été visé au total par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont démenti avoir attaqué l'aéroport. Ils ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, et le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn en riposte à des frappes américaines sur l'île Qeshm, et un pétrolier iranien.
burs/cab/apz
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