Philippines : visée par un mandat d'arrêt, la vice-présidente Duterte a payé sa caution
La vice-présidente philippine Sara Duterte a versé sa caution samedi dans un tribunal de Manille, au lendemain de la délivrance d'un mandat d'arrêt à son encontre pour des menaces de mort contre le président Ferdinand Marcos, son épouse et un ancien député.
Mme Duterte, 48 ans, a été inculpée le mois dernier pour "menaces graves", après avoir affirmé lors d'une conférence de presse avoir engagé un tueur à gages pour assassiner le président, son épouse et son cousin, l'ancien député Paolo Duterte, si elle-même venait à être tuée.
Elle a ensuite déclaré que ses propos avaient été mal interprétés.
Cette menace présumée constitue également un élément central du procès en destitution de la vice-présidente devant le Sénat. Outre sa destitution, une condamnation entraînerait son interdiction définitive d'exercer une fonction politique.
"La vice-présidente s'est présentée volontairement devant le tribunal qui a émis le mandat, il n'y avait donc pas lieu de l'arrêter", a déclaré son avocat, Lawrence Lim. Peu auparavant, Mme Duterte était sortie du tribunal en brandissant une ordonnance confirmant qu'elle avait versé une caution en espèces d'un montant de 360.000 pesos (environ 4.945 euros).
Avant d'entrer, elle avait déclaré aux journalistes craindre pour sa vie : "je ne veux pas (verser de caution) si personne ne surveille", a-t-elle indiqué, affirmant être victime de harcèlement de la part de la police.
"Vont-ils me jeter en prison et, une nuit, je mourrai dans mon sommeil ?", a-t-elle ajouté.
Selon le code pénal philippin, elle encourt jusqu'à six mois d'emprisonnement en cas de condamnation pour "menaces graves".
L'équipe juridique de la vice-présidente avait publié vendredi un communiqué indiquant qu'elle n'avait "aucune intention de se soustraire à la loi et qu'elle" exercerait "tous ses recours juridiques".
Sara Duterte a été mise en accusation en mai par la Chambre des représentants pour plusieurs chefs, notamment corruption et détournement de fonds. Une condamnation par le Sénat mettrait fin à ses ambitions de briguer la présidence en 2028.
Les Philippines vivent une période de forte tensions politiques depuis la brouille entre le président Ferdinand Marcos et Mme Duterte, son alliée au moment de la présidentielle de 2022.
La mésentente a rapidement éclaté au grand jour quand M. Marcos lui a confié le portefeuille de l'Education - dont elle a démissionné ensuite en juin 2024-, au lieu de la Défense qu'elle convoitait.
Sara Duterte disposait il y a encore quelques mois d'importants soutiens au Sénat et de l'appui de deux influentes sectes chrétiennes qui ont organisé de gigantesques manifestations en sa faveur.
楊-C.Yáng--THT-士蔑報