Nuñez menace CNews de "poursuites pénales" si Xenia Fedorova revient à l'antenne (lettre à l'Arcom)
La chaîne d'informations CNews s'exposera à des "poursuites pénales" si la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova, sous le coup d'une expulsion du territoire, revient à l'antenne, a prévenu Laurent Nuñez dans un courrier adressé mercredi à l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).
Dans cette lettre au président de l'Arcom Martin Ajdari, révélée jeudi par Le Monde et que l'AFP a consultée, le ministre de l'Intérieur rappelle que Xenia Fedorova a fait l'objet fin juillet d'un arrêté d'expulsion au motif qu'en "manipulant l'information et le débat public, elle portait atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation et commettait (...) des actes d'ingérence au bénéfice de la Fédération de Russie".
Début septembre, la chaîne CNews, détenue par le groupe de Vincent Bolloré, avait annoncé un retour prochain à l'antenne de sa chroniqueuse, en "visio".
"J'espère que je peux intervenir à distance", malgré "tous les problèmes techniques", et "j'espère que ce sera toujours dans +l'Heure Inter+", émission diffusée deux fois par semaine sur CNews, avait souligné la chroniqueuse quelques jours plus tard dans une interview au média Omerta.
Dans son courrier en forme de "signalement", Laurent Nuñez rappelle que Xenia Fedorova fait également l'objet "d'une mesure de gels de ses fonds et ressources économiques".
Il fait valoir que le plein effet des mesures prises à l'encontre de la chroniqueuse impliquent "qu'elle soit privée de la possibilité de réitérer, sur le territoire national, les agissements constitutifs de troubles ayant fondé la décision, dès lors que ces agissement tiennent à la diffusion, sur le territoire national, de propos qui portent atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation".
Le ministre considère que la possibilité d'un retour à l'antenne de Xenia Fedorova "contrevient directement aux mesures d'expulsion et de gels des avoirs prononcées et est susceptible de soulever plusieurs qualifications pénales".
Car, poursuit-il, la chroniqueuse continuerait de "bénéficier (...) d'un créneau d'antenne sur fréquence hertzienne et de moyens techniques de production", quand bien même elle ne serait pas rémunérée, ce qui constituerait un "contournement des mesures d'expulsion et de gels des fonds et ressources économiques" entraînant des "poursuites pénales".
Xenia Fedorova se trouvait à l'étranger lorsque le gouvernement a publié fin juillet l'arrêté d'expulsion à son encontre.
Mi-août, son avocat, Emmanuel Piwnica, avait annoncé qu'elle avait été "licenciée" faute désormais de titre de séjour. Ses employeurs Canal+ et Lagardère n'avaient pas alors commenté cette information.
馮-X.Féng--THT-士蔑報