Flammes et fumée noire visibles près de l'aéroport de Ryad, selon des habitants
Des flammes et de la fumée noire sont apparues samedi près de l'aéroport de Ryad, ont indiqué à l'AFP deux habitants de la capitale saoudienne, où des explosions avaient retenti dans la nuit pour la première fois depuis la reprise des hostilités avec les Houthis du Yémen.
Des pompiers étaient en train d'éteindre un feu sur un réservoir de carburant portant le logo du géant pétrolier saoudien Aramco près de l'aéroport, selon un journaliste de l'AFP.
Les autorités saoudiennes n'ont publié aucun communiqué sur les explosions. L'AFP a contacté des responsables, mais n'a pas encore reçu de réponse.
De leur côté, les Houthis n'ont revendiqué aucune attaque en Arabie saoudite au cours des dernières heures.
Les habitants de Ryad avaient été réveillés dans la nuit par une alerte de risque d'attaque suivie de deux fortes explosions, selon des journalistes de l'AFP.
Plusieurs heures plus tard, des habitants de la ville ont déclaré à l'AFP avoir entendu une nouvelle série d'explosions depuis différents endroits de la capitale.
Le royaume saoudien subit ces derniers jours des attaques croissantes des Houthis, combattants pro-iraniens qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin et qui combattent les forces gouvernementales yéménites, soutenues par la coalition menée par Ryad.
- "Terrifiant" -
Les frappes contre l'Arabie saoudite avaient jusqu'ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge. Et la capitale n'avait pas été menacée depuis la reprise des hostilités avec les combattants pro-iraniens en juillet.
L'alerte prévenant d'une "menace aérienne hostile" sur la capitale et appelant ses habitants à ne pas sortir a été envoyé sur leurs téléphones vers 03H00 du matin (minuit GMT). "J'ai entendu l'alerte, puis mes fenêtres ont tremblé", témoigne un habitant de 27 ans du nord de la capitale, qui n'a pas souhaité donner son nom. "J'ai eu vraiment peur".
"C'est terrifiant", confirme un autre habitant, du centre-ville, également sous couvert d'anonymat.
La capitale saoudienne avait déjà été frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l'attaque américano-israélienne contre l'Iran.
Avec leur dernière offensive éclair au Yémen, les Houthis contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb et provoquant de nouvelles craintes pour le transport maritime international, notamment les exportations pétrolières de l'Arabie saoudite.
Le passage, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, est en effet devenu plus stratégique depuis que l'Iran verrouille celui d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
- "Jusqu'au bout" -
Plus tôt dans la semaine, les Houthis ont aussi été accusés par Ryad d'avoir ciblé La Mecque, ville sainte de l'islam. Le mouvement pro-iranien a démenti.
En réponse, l'Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé les zones contrôlées par les combattants au Yémen, sans toutefois parvenir pour l'heure à les faire faiblir.
Des combats meurtriers opposent par ailleurs les Houthis aux forces gouvernementales yéménites depuis plusieurs jours. Ils ont fait 48 morts lors des 24 dernières heures, ont indiqué samedi des sources des deux camps.
Pour Anna Jacobs, de l'Arab Gulf States Institute à Washington, l'Arabie saoudite et les Houthis sont pris "au piège de l'escalade". Selon elle, Ryad va "riposter", même s'il sait que "la seule façon de mettre fin à cette situation passe par des négociations".
Sous pression, l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, multiplie les contacts diplomatiques. Le média américain Axios affirmait la semaine dernière que les Etats-Unis avaient refusé de frapper les Houthis à la demande de Ryad.
Le Pakistan a de son côté promis de défendre "jusqu'au bout" son allié saoudien, avec qui il a signé le mois dernier, ainsi qu'avec la Turquie, un accord de défense conjointe les engageant à une défense mutuelle en cas d'attaque.
Au moins 112.000 personnes ont été déplacées au Yémen et près de 3.000 autres se sont réfugiées à Djibouti depuis la reprise des combats début septembre dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, selon les derniers chiffres de l'ONU.
Une guerre avait opposé en 2014 et 2022 les rebelles aux forces gouvernementales yéménites soutenues par Ryad.
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