Macron en visite d'État en Espagne pour pousser une "Europe plus forte"
Emmanuel Macron est arrivé mardi à Madrid pour une visite d'État de deux jours en Espagne, au cours de laquelle il veut pousser son mantra d'une "Europe plus forte".
"Entre la France et l'Espagne, les Pyrénées ne nous séparent pas, elles sont un trait d'union. Faisons de notre proximité une force et de notre coopération un élan pour une Europe plus forte, plus souveraine et solidaire!", a dit le président français sur le réseau X.
Accompagné par son épouse Brigitte Macron et escorté par la garde royale à cheval en tenue d'apparat, il a fait son entrée en Rolls Royce dans l'immense cour pavée du palais royal avec une heure de retard.
Le couple y a été accueilli en tout début d'après-midi par le roi Felipe VI et la reine Letizia, au son de la fanfare militaire et de coups de canon, en présence également du Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez.
Emmanuel Macron échangera ensuite dans l'après-midi avec des étudiants à l'Université Complutense au sujet de la protection de "nos démocraties et nos enfants des dérives des réseaux sociaux".
Ce thème est l'une des dernières batailles du chef de l'État, qui espère, avant de quitter le pouvoir en mai, interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, malgré les obstacles juridiques -- un objectif partagé par Pedro Sanchez, pour les moins de 16 ans.
Cette journée par ailleurs très protocolaire s'achèvera avec un dîner de gala au palais royal.
Emmanuel Macron et le roi Felipe VI doivent ouvrir dans la matinée un forum économique franco-espagnol, en présence de nombreux chefs d'entreprise.
Le président s'entretiendra ensuite avec le Premier ministre espagnol, au palais de la Moncloa à la mi-journée, avant une conférence de presse commune.
- Budget "à la hauteur" -
Arrivés au pouvoir au même moment entre 2017 et 2018, le centriste Macron et le socialiste Sanchez n'ont jamais affiché une grande intimité, malgré un positionnement pro-européen similaire.
Emmanuel Macron a assuré sur X vouloir "renforcer notre souveraineté européenne et notre agenda de compétitivité", en investissant "dans notre avenir, par un budget européen à la hauteur des enjeux et doté de nouvelles ressources propres".
En pleines négociations au sein de l'Union européenne, il espère trouver un allié à Madrid face à l'opposition de plusieurs pays, dont l'Allemagne, à une trop forte augmentation de ce budget, et sur la possibilité de recourir à l'emprunt commun.
Les deux dirigeants se sont aussi récemment retrouvés sur la reconnaissance d'un État de Palestine et leur opposition à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, même si la gauche française reproche au président de ne pas être aussi ferme que le dirigeant espagnol.
L'Espagne et la France ont signé en 2023 à Barcelone un traité d'amitié censé "rehausser" les relations bilatérales, comme Paris l'a fait avec ses autres voisins, l'Allemagne et l'Italie. Madrid a signé des accords semblables avec le Portugal et le Maroc.
Mais côté espagnol, la ratification parlementaire était bloquée par l'opposition de droite. La justice espagnole a estimé la semaine dernière que la disposition contestée était bien constitutionnelle. Le Sénat devrait à son tour voter le texte mercredi en fin de journée, permettant son entrée en vigueur.
"Notre souhait est que cette ratification puisse aller à son terme", a dit la présidence française, saluant ces récents "signaux" positifs.
En Espagne, Pedro Sanchez, rattrapé ces derniers jours par la crise du logement que traverse le pays, est affaibli par des affaires judiciaires qui visent notamment son épouse, et a été secoué cet été par la crise de Ceuta, qui a vu l'afflux massif de migrants dans l'enclave espagnole en Afrique du Nord.
La France avait apporté son soutien à l'Espagne dans cet épisode, à l'inverse notamment de l'Italie.
曾-M.Zēng--THT-士蔑報