The Hong Kong Telegraph - Guerre en Ethiopie: dans un hôpital de Mekele, au Tigré, des enfants amputés, la douleur partout

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Guerre en Ethiopie: dans un hôpital de Mekele, au Tigré, des enfants amputés, la douleur partout
Guerre en Ethiopie: dans un hôpital de Mekele, au Tigré, des enfants amputés, la douleur partout / Photo: - - AFP

Guerre en Ethiopie: dans un hôpital de Mekele, au Tigré, des enfants amputés, la douleur partout

A 10 ans à peine, la vie de la petite Iyerusalem semble détruite. Ses deux jambes ont dû être amputées, mutilées par des obus tombés sur son village du sud du Tigré, État régional du nord de l’Éthiopie, où les hostilités ont repris fin septembre.

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"J'étais dans l'enceinte de notre maison quand mon frère aîné et notre cheval ont été touchés", souffle-t-elle, le regard vide. "Mon frère et le cheval sont morts."

Iyerusalem git dans un lit de l'hôpital Ayder de Mekele, capitale régionale du Tigré, reprise samedi sans combats par l'armée fédérale éthiopienne au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirigeait de fait l’État régional et défiait à nouveau l'autorité fédérale.

La fillette, dont la jambe gauche a été coupée sous le genou et la droite au niveau du pied, vivait à Qarsole, petit village du district d'Alamata, dans le sud du Tigré.

Ses moignons, dit-elle, la font "beaucoup souffrir", mais elle continue d'espérer. "Si je suis soignée et que je peux à nouveau marcher, je veux retourner à l'école et apprendre."

Dans la chambre voisine, Betelhem, 10 ans également, originaire du même district, a eu un peu plus de chance. Un appareillage rudimentaire maintient la jambe cassée de cette jeune fille aux cheveux tressés.

"Je jouais avec ma soeur quand nous avons été touchées" par une explosion, raconte-t-elle. Sa cadette Melat, 6 ans, blessée au cou, a été également été opérée dans le même hôpital. Mais "ma mère était enceinte et elle est morte", soupire Betelhem.

- manque d’anesthésiant

"Nous sommes des civils. Nous avons été attaqués dans notre propre maison", se désespère Haftom, le père de Betelhem et Melat, désormais veuf. "Nous n'avons pas d'armes et nous ne combattons pas", poursuit-il, appelant à des sanctions qui, selon lui, n'arriveront jamais, pour les auteurs du tir.

"Il n'y a pas de gouvernement", peste Haftom, un commerçant de 39 ans.

Trente-quatre personnes ont ainsi été transportées à l'hôpital Ayder de Mekele ces derniers jours, blessées par "de l'artillerie lourde, des drones, des coups de feu ou des explosifs", recense Birhanu Hailemariam, le coordinateur des urgences de cette structure.

Vingt-trois étaient des enfants, dont la petite Lomo, 6 ans, dont la jambe droite a été amputée. Un adulte est mort.

"Nous n'avons pas de scanner pour examiner les patients, mais nous faisons tout notre possible pour soigner tout le monde", observe Birhanu Hailemariam qui fait état d'un "manque de produit anesthésiant" mais aussi de poches de sang pour les transfusions.

Comparée à la précédente guerre du Tigré, qui a déjà opposé gouvernement fédéral et TPLF entre 2020 et 2022, "la situation actuelle n'est pas aussi mauvaise", remarque encore M. Birhanu. "Durant la guerre précédente, les gens avaient des blessures plus sérieuses (encore) et il y avait beaucoup plus de morts."

- cicatrices

Ce conflit, qui a mis en ruine de nombreuses infrastructures, notamment hospitalières au Tigré, fut l'un des plus sanglants récemment survenu dans le monde, faisant au moins 600.000 morts, selon l'Union africaine, estimation jugée basse par plusieurs observateurs.

Les combattants du TPLF ont abandonné Mekele sans combattre, mais un médecin de l'hôpital affirme, sous couvert d'anonymat, craindre qu'ils reviennent dans la ville et une reprise des combats "dans les jours qui viennent".

"Le TPLF comme les ENDF (Forces armées nationales éthiopiennes) font souffrir les gens", regrette-t-il. "Le TPLF ne nous aide pas et les ENDF blessent maintenant les gens avec son artillerie lourde", pointe le médecin qui dit ne soutenir "aucune des parties. Nous voulons seulement la paix."

Dans une autre chambre de l'hôpital, Hana, 12 ans, dont la jambe gauche est entourée d'un bandage et le visage constellé de cicatrices, ne dit pas autre chose.

Le bruit de l'explosion qui a fait "trembler" sa maison et l'a blessée "continue de me revenir à l'esprit", raconte l'adolescente qui aspire à rapidement "poursuivre son éducation".

Son voisin de chambre prédit toutefois un autre traumatisme pour Hana. Sa mère et son frère ont péri dans le bombardement de sa maison, assure-t-il. Mais la jeune fille ne le sait pas encore.

曾-M.Zēng--THT-士蔑報