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Secoué par Trump, Zelensky se tourne une nouvelle fois vers les Européens
Secoué par Trump, Zelensky se tourne une nouvelle fois vers les Européens / Photo: Nicolas TUCAT - AFP

Secoué par Trump, Zelensky se tourne une nouvelle fois vers les Européens

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, bousculé par les Etats-Unis de Donald Trump, s'est tourné vendredi vers ses alliés européens, réclamant à Bruxelles 70 milliards d'euros supplémentaires, pour financer la guerre contre Moscou l'an prochain.

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Pressé de questions sur sa très difficile relation avec le président américain, Volodymyr Zelensky a aussi évité toute critique directe lors d'un sommet européen dans la capitale belge.

Il n'y a esquissé qu'un sourire, et un silence, à la question de savoir s'il était en train de servir de bouc émissaire de Donald Trump à quelques semaines d'élections de mi-mandat très mal engagées pour le républicain. "Voici ma réponse", a-t-il dit.

Le président américain a qualifié de "honte" la reprise des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes.

- "Allons bon !" -

Jeudi, l'Ukraine a été frappée par un millier de drones, a affirmé M. Zelensky. "1.000 ! Mais la partie américaine affirme qu'il est difficile de parler avec Zelensky, qu'il est moins difficile de gérer Poutine, allons bon !", a-t-il lancé aux journalistes.

Soucieux de ne pas tourner le dos à l'administration Trump, le président ukrainien a souligné que son équipe était "en pourparlers avec l'équipe de négociation américaine".

"Ils conviendront d'une rencontre à un niveau ou à un autre", a-t-il assuré vendredi devant la presse.

Visiblement amer après les déclarations de Donald Trump, Volodymyr Zelensky aussi remercié ses collègues européens, "de vrais dirigeants, à nos côtés depuis le tout début de cette guerre".

En accueillant M. Zelensky vendredi matin, les dirigeants des 27 l'ont assuré de leur soutien.

Sans ignorer qu'ils devraient remettre la main au portefeuille l'an prochain.

"La guerre coûtera 155 milliards d'euros l'année prochaine. Et nous avons besoin d'au moins 70 milliards d'euros de plus de votre part", a d'ailleurs affirmé Volodymyr Zelensky devant les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne.

"C'est un montant réaliste. Et je vous demande de trouver ce soutien. Il nous aidera à contenir la Russie", a-t-il insisté, dans un discours qu'il a publié sur X.

- "Pas le moment" -

"Nous allons devoir augmenter à nouveau les financements afin de pouvoir vraiment soutenir l'Ukraine durablement", avait averti dès jeudi le chancelier allemand Friedrich Merz.

"Ce n'est pas le moment de retirer notre soutien à l'Ukraine. Ce n'est pas le moment d'alléger les sanctions contre la Russie", a renchéri vendredi le président du Conseil européen Antonio Costa, aux côtés de M. Zelensky.

Et, "une chose est absolument claire : nous ne lèverons aucune sanction tant que la Russie n'aura pas arrêté la guerre", a souligné de son côté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Arrivé dès jeudi dans la capitale belge, le dirigeant ukrainien y a multiplié les rencontres, à commencer par un tête-à-tête avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, à qui il a souligné l'urgence de réapprovisionner l'Ukraine en missiles intercepteurs et en munitions, face à la recrudescence des frappes russes.

L'Europe en dispose-t-elle suffisamment "pour que l’Ukraine puisse tenir pendant cet hiver ? Oui, d’après les chiffres dont je dispose", a assuré M. Zelensky vendredi, sans plus de détail.

Plusieurs pays européens, dont la Grèce, dispose de batteries de missiles Patriot, de fabrication américaine, considéré par Kiev comme les seuls capables d'intercepter les missiles balistiques russes.

M. Zelensky a aussi rappelé la nécessité de maintenir la pression sur Moscou.

Vladimir "Poutine écoutera les États-Unis si ceux-ci lui mettent vraiment la pression et lui font comprendre une chose très clairement : soit il choisit la paix, soit il ne reçoit plus d'argent pour sa guerre", a-t-il souligné.

Ces derniers jours, Kiev a aussi déploré ne pas avoir été averti par ses alliés d'attaques russes imminentes, faisant notamment part de restrictions dans l'utilisation des services satellitaires de l'entreprise d'Elon Musk, SpaceX, crucial pour son armée.

Ces capacités de connexion n'ont pas encore été entièrement rétablies, a déclaré vendredi Volodymyr Zelensky.

Cette limitation "a été une surprise très désagréable et dangereuse", a-t-il déploré.

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