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Dans le Maine, victime des coûts, la pêche au homard boit la tasse
Dans le Maine, victime des coûts, la pêche au homard boit la tasse / Photo: CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Dans le Maine, victime des coûts, la pêche au homard boit la tasse

Quand il quitte le port chaque matin à bord de son bateau de pêche, Steve Train a déjà dépensé 1.000 dollars, la faute notamment à l'explosion des prix du carburant qui pèsent lourdement sur l'industrie du homard dans le Maine, dans le nord-est des États-Unis.

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Avant même de remonter ses casiers à homards de la pittoresque baie de Casco Bay, le pêcheur de 59 ans fait les comptes: environ 200 dollars de gazole par jour, en hausse de 45% par rapport à l'année dernière, et trois barils d'appâts de plus en plus chers, 260 dollars chacun.

"C'est difficile de faire un business plan avec autant d'incertitudes et de changements", se désole Steve Train, qui travaille avec son frère sur un bateau de 11 mètres, le "Moira Bay".

Les deux hommes viennent de décharger 195 kilos de homards américains sur le quai de Portland. "Une bonne journée" pour le pêcheur.

Mais l'orage gronde. A l'approche des élections de mi-mandat le 3 novembre, tous les coûts augmentent: les frais d'amarrage, l'assurance et la maintenance.

Steve Train pointe aussi du doigt les conséquences des droits de douane imposés par la Maison Blanche et la montée des prix du gazole. Deux choses qui sont pour lui "comme une gifle en pleine figure".

- "Conséquences dévastatrices" -

Mais même s'il ne porte pas Donald Trump dans son coeur, qu'il qualifie "d'électron libre", il votera pour la candidate républicaine, Susan Collins, plutôt que pour son challenger démocrate Troy Jackson. Celle qui brigue un sixième mandat consécutif a toujours été un soutien des travailleurs de la mer, affirme le pêcheur.

Mais une autre incertitude fait désormais surface. D'après l'Institut de Recherche du Golfe du Maine, les eaux dans cette région de l'Atlantique nord se sont réchauffées trois fois plus vite que dans le reste des océans depuis 1982.

Cela force les pêcheurs à s'aventurer toujours plus loin des côtes, sur des bateaux plus gros, qui nécessitent plus de personnel et consomment plus de gazole.

Se pose également la question de la protection des baleines franches, qui migrent dans les mêmes zones et risquent de s'empêtrer dans les cordages verticaux reliant les casiers à homards au fond de l'eau aux bouées en surface.

La chambre des représentants a voté une loi pour geler les règles de protection des cétacés jusqu'en 2035. Mais si le texte n’est pas adopté in fine, alors les restrictions seront appliquées et "cela aura des conséquences dévastatrices" pour les pêcheurs, s'inquiète Damian Brady, qui dirige le Darling Marine Center à l'Université du Maine.

Pour les milliers de foyers qui dépendent de cette ressource, les enjeux sont énormes.

Selon le département des ressources maritimes du Maine, un peu moins de 36.000 tonnes de homards ont été pêchées en 2025. C'est certes moins que l'année précédente, mais cela représente encore les trois-quarts de tout ce qui est pêché dans l'Etat.

- Prix au "plus bas" -

Par un matin venteux dans le port de Stonington, le plus important du Maine pour la pêche au homard, des barbus en salopettes orange trient les crustacés sur des bancs, réparent leurs pièges ou préparent leur bateau pour prendre la mer.

Environ 5.000 tonnes de homards sont déchargées à Stonington chaque année. "Avec 350 bateaux, c'est 50 millions de dollars pour l'économie locale", affirme Alexa Dayton, directrice exécutive du Centre du Maine pour les pêches côtières. "Nous ne pourrions pas remplacer un tel pouvoir économique."

En déambulant sur les docks, elle explique à quel point l'inflation et les difficultés économiques pourraient mettre à mal les ventes de homards, un produit haut de gamme.

"L'industrie a vraiment été mise sous pression par une hausse des coûts assez forte (...) mais le prix du homard est en réalité à son plus bas niveau depuis des années", révèle Alexa Dayton, ce qui contracte les marges.

Et elle s'interroge. "Beaucoup de personnes" dans l'industrie du homard "doivent encore se demander si ça en vaut encore la peine".

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