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Israël: aucune majorité après dépouillement des deux tiers des voix, Netanyahu et son camp en tête

Israël: aucune majorité après dépouillement des deux tiers des voix, Netanyahu et son camp en tête

La coalition de Benjamin Netanyahu devance mercredi le bloc de l'opposition mais aucune majorité gouvernementale ne se dessine, après le dépouillement des deux tiers des suffrages exprimés lors d'élections législatives où le Premier ministre israélien joue sa survie politique.

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Après le dépouillement de 66,3% des bulletins, le Likoud (droite) de M. Netanyahu et ses alliés sont crédités de 54 sièges sur les 120 que compte la Knesset, contre 48 pour le bloc de l'opposition et 18 pour les partis arabes qui s'imposent en faiseurs de roi, selon les données publiées par la Commission électorale.

Ces résultats partiels sont susceptibles de changer au fur et à mesure du dépouillement. Plusieurs sondages à la sortie des urnes publiés mardi mettaient les deux principaux camps au coude-à-coude.

Dans la nuit, M. Netanyahu et son principal rival, le centriste Gadi Eisenkot, ont tous deux affirmé qu'ils étaient en position de force après ces législatives, les premières depuis le traumatisme des attaques du 7 octobre 2023 menées par le Hamas en Israël.

"Nous devons mettre en place un gouvernement de droite fort", a déclaré M. Netanyahu, appelant "la majorité juive et sioniste à se ressaisir et à s'unir".

De son côté, Gadi Eisenkot a estimé que "le peuple a choisi le changement" et promis de "tout faire pour former un gouvernement".

L'issue du scrutin est observée de près au-delà des frontières d'Israël, pays qui fait face à des critiques internationales croissantes sur la conduite de sa guerre dévastatrice à Gaza et une explosion de violences en Cisjordanie occupée.

Elle pourrait aussi avoir un impact sur la suite du conflit qui secoue le Moyen-Orient, M. Netanyahu ayant multiplié les menaces d'une nouvelle campagne militaire contre l'Iran ces derniers jours.

- Opposition fragmentée -

Si la mobilisation a été très forte, avec un taux de participation au plus haut depuis plus d'un quart de siècle, les résultats partiels et les estimations des principaux médias dessinent un paysage fracturé, reflet d'un pays traversé par de profondes divisions.

Sur le papier, le camp anti-Netanyahu semble pourtant avoir l'avantage, puisque le bloc de M. Eisenkot et les partis arabes, farouchement hostiles au Premier ministre, dépassent ensemble largement le camp de ce dernier.

Mais la coopération entre ces deux forces d'opposition est loin d'être acquise, M. Eisenkot, ainsi que plusieurs de ses alliés, ayant refusé jusque-là d'envisager une telle alliance qui pourrait braquer leurs électeurs de droite.

Le chef de la gauche israélienne Yaïr Golan, qui est le seul membre ouvertement favorable à une telle alliance au sein du bloc, a appelé mercredi à ne "plus accepter la division raciste de Netanyahu entre les voix juives et les voix arabes".

"Nous avons une responsabilité. Et nous avons l'opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d'Israël", a-t-il ajouté sur X.

Sans une telle alliance, la situation a pour l'instant des airs d'impasse, souligne Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l'université de Bar-Ilan.

"Netanyahu n'a aucun moyen de former un gouvernement" avec ses alliés actuels et le bloc de M. Eisenkot devra "soit former un gouvernement avec les partis arabes, soit établir un gouvernement minoritaire", deux options jusque-là rejetées par le camp de l'opposition, dit-elle.

La poussée spectaculaire des deux listes arabes israéliennes, Raam (Liste arabe unie, islamiste modéré) et la Liste unifiée (extrême gauche), impose plus que jamais ce camp comme un faiseur de rois.

Si l'absence de majorité se confirme et la paralysie s'installe, cette situation profiterait dans l'immédiat à M. Netanyahu, qui restera Premier ministre par intérim jusqu'à la formation du prochain gouvernement.

En cas d'impossibilité de sortir de l'impasse, de nouvelles élections seront organisées, comme cela a été plusieurs fois le cas dans l'histoire d'Israël.

Les résultats définitifs sont attendus d'ici jeudi soir ou vendredi matin, selon les médias israéliens. Le président Isaac Herzog recevra ensuite les chefs des différents partis avant de désigner l'un d'eux pour tenter de former une coalition gouvernementale.

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