Ebola en RDC: l'accès aérien au foyer de l'épidémie rétabli, baisse du nombre des cas suspects
Le seul aéroport donnant aux organisations humanitaires un accès à l'épicentre de l'épidémie de maladie Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a rouvert mardi, un dernier bilan faisant état d'une baisse des cas suspects de contamination signalés.
La RDC a déclaré le 15 mai une épidémie de maladie Ebola, la 17e dans le pays africain de plus de 100 millions d'habitants. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché une alerte sanitaire internationale. Son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui s'est entretenu avec le président congolais Félix Tshisekedi lundi, s'est rendu samedi dans le foyer de l'épidémie.
Selon l'OMS mardi et sur la base d'informations fournies par les autorités congolaises, le nombre de cas suspects est désormais à 116. Un bilan vendredi de l'Africa CDC, l'agence sanitaire de l'Union africaine, faisait état de 1.139 cas suspects dont 246 décès vraisemblablement causés par la maladie.
De nombreux malades "ont été écartés après vérification et souffrent soit d'autres maladies, soit n'ont présenté qu'un épisode de fièvre sans autre symptôme", a expliqué lors d'une conférence de presse à Genève le porte-parole Christian Lindmeier.
En réalité, peu de tests ont été menés en laboratoire jusqu'ici, essentiellement par manque de moyens en RDC.
Le gouvernement congolais, qui a récemment annoncé la guérison de plusieurs malades, s'est par ailleurs lancé ces derniers jours dans une vaste opération de communication pour assurer que "la situation est sous contrôle".
L'annonce d'une nouvelle épidémie de maladie Ebola dans le pays parmi les plus pauvres au monde avait créé l'inquiétude des autorités sanitaires internationales. D'autant qu'il n'existe ni vaccin, ni traitement spécifique pour le virus Bundibugyo, à l'origine de la flambée épidémique actuelle.
- "Reprise progressive" -
La plupart des grandes épidémies connues par le passé ont été dues au virus Zaïre, le seul pour lequel un vaccin est homologué. Ebola a tué plus de 15.000 personnes en Afrique ces 50 dernières années. L'épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés, entre 2018 et 2020.
L'Africa CDC a promis un vaccin pour Bundibugyo d'ici la fin de l'année. L'OMS planche sur des essais cliniques. Le risque sanitaire pour les pays proches de la RDC est "élevé", selon l'OMS, mais reste "faible" au niveau mondial.
En Ituri, province du nord-est congolais et foyer de l'épidémie, les services de l'État sont depuis longtemps absents. La plupart des structures médicales n'ont que peu de moyens et les soignants se sont trouvés désemparés par la magnitude de la crise.
La région est par ailleurs une des plus troublées du pays. Des groupes armés y commettent régulièrement des massacres et rendent l'accès difficiles.
L'enclavement et la situation sécuritaire a rendu la région largement dépendante de l'aéroport de Bunia, capitale provinciale, pour l'acheminement d'équipements sanitaires et de l'aide humanitaire.
La décision des autorités congolaises le 23 mai de suspendre les vols vers et depuis Bunia avait créé l'inquiétude de voir une riposte sanitaire encore ralentie. Quelques vols sanitaires et des vols spéciaux transportant des membres du gouvernement avaient toutefois été autorisés depuis Kinshasa.
Le ministre de la Santé Samuel Roger Kamba avait évoqué une nécessité de s'assurer de la mise en place de mesures sanitaires pour les voyageurs.
Après une évaluation "du processus de surveillance" de l'épidémie, "les conditions sont désormais réunies pour permettre une reprise progressive et sécurisée des activités aériennes", a indiqué mardi le ministère des Transports dans un communiqué.
Des mesures barrières telles que la prise de température systématique et le lavage de mains obligatoire avant l'embarquement seront mises en place.
Le Rwanda et l'Ouganda ont temporairement fermé leurs frontières avec la RDC. Les Etats-Unis projettent d'ouvrir au Kenya un centre de quarantaine pour les cas suspects ou avérés d'Ebola, essentiellement des Américains.
Le président kényan William Ruto a défendu mardi le projet malgré le rejet exprimé dans la rue par une partie de la population.
burs-cld/cpy
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