The Hong Kong Telegraph - JO-2026: l'Académie de glace de Montréal, berceau des plus grands patineurs mondiaux

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JO-2026: l'Académie de glace de Montréal, berceau des plus grands patineurs mondiaux
JO-2026: l'Académie de glace de Montréal, berceau des plus grands patineurs mondiaux / Photo: Sebastien ST-JEAN - AFP

JO-2026: l'Académie de glace de Montréal, berceau des plus grands patineurs mondiaux

Toute l'année, ils partagent entraîneurs et patinoire, mais en février ils vont s'affronter pour les mêmes médailles olympiques... A Montréal, certains des meilleurs patineurs mondiaux fréquentent une école de danse sur glace au modèle unique dont la réputation n'est plus à faire.

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Bâtiment terne, graffitis sur les murs: de l'extérieur, le complexe sportif Gadbois, niché dans un ancien quartier ouvrier de la métropole québécoise, ne paie pas de mine.

Mais dès l'aube, les premiers athlètes se pressent pour rejoindre cette école surnommée la "Ice Academy of Montreal" (I.AM) pour des journées d'entraînement intensives à l'approche des Jeux olympiques de Milan Cortina (6 au 22 février).

Sur la glace, la concentration est totale. Les couples et les routines s'enchaînent, parfois se croisent, au son des musiques et sous le regard attentif des entraîneurs.

Au total, une vingtaine de couples internationaux ont choisi l'Académie pour sa réputation et son excellence. Car depuis sa création en 2014, l'institution s'est imposée comme une véritable pépinière de talents.

"On a les trois derniers champions olympiques, une dizaine de médailles mondiales," explique Romain Haguenauer, entraîneur en chef et cofondateur de l'école qui a notamment accompagné les couples Marina Anissina/Gwendal Peizerat (champions olympiques 2002) et Tessa Virtue/Scott Moir (2018).

"Et les médailles en Grand Prix se comptent par centaines, presque par milliers", ajoute le Français.

- "Du jamais vu" -

Dans les grandes compétitions, il n'est pas rare en effet que le podium complet soit issu de l'école montréalaise.

Le secret de cette réussite? Une approche holistique, de nombreuses infrastructures dédiées aux sports de glace et des entraîneurs qualifiés, répondent les athlètes.

"Quand on a déménagé ici, on ne connaissait personne. Tout ce qu'on a appris, on le doit à cette école", confie à l'AFP Lilah Fear, patineuse britannique qui a mis le cap sur Montréal il y a 10 ans.

"Au-delà de nos compétences sportives, le personnel de l'école s'intéresse à nous en tant qu'êtres humains", renchérit-elle, décrivant un environnement "bienveillant et rempli d'amour" malgré la concurrence.

Son partenaire, le britannique Lewis Gibson, est fasciné par l'importance des sports de glace au Canada: "À Montréal, il y a tellement de patinoires, c'est fantastique".

Selon eux, la philosophie de l'Académie rompt avec l'approche stricte et rigide qui caractérise la danse sur glace de haut niveau.

Une douzaine de couples provenant de dix nations différentes, dont plusieurs se retrouvent pour passer du temps ensemble dehors de l'école, s'entrainent à Montréal et devaient se qualifier pour les JO d'hiver en Italie, selon Haguenauer.

"C'est du jamais-vu en patinage, mais aussi tout sport confondu", se félicite celui qui entraîne des patineurs depuis 30 ans. Sa délégation, dit-il, est "plus grosse que certains pays".

Cette culture d'entraînement "très saine" est aussi ce qui pousse Guillaume Cizeron, champion olympique 2022 et récent champion d'Europe avec sa nouvelle partenaire, la Québécoise Laurence Fournier Beaudry, à revenir sans cesse à Montréal depuis plus de dix ans.

"Il y a une culture du patinage ici, que ce soit en patinage artistique mais aussi en hockey sur glace, qui permet l'évolution des athlètes de haut niveau", soutient le Français de 31 ans.

- "Un sport d'équipe" -

Le quintuple champion du monde, vise une fois de plus l'or, malgré un contexte troublé par les récentes accusations d'emprise de son ancienne partenaire Gabriella Papadakis.

"Ici, c'est un peu comme un sport d'équipe, mais en même temps, chacun a son individualité", explique Laurence Fournier Beaudry, récemment naturalisée française.

Au vu des résultats de la saison, l'or olympique pourrait se jouer à Milan entre le couple français et les Américains Madison Chock et Evan Bates, qui s'entraînent également à Montréal.

"C'est sûr qu'il y a des bons et des mauvais côtés", a reconnu Cizeron récemment. "On s'entraîne à côté de nos principaux rivaux, donc il y a une certaine pression présente à l'entraînement. Mais en même temps, ça nous pousse à progresser et aller plus loin, et ça motive beaucoup."

孫-H.Sūn--THT-士蔑報