Tour d'Italie: Thomas Silva met l'Uruguay à l'affiche, l'équipe UAE décimée
Nouveau maillot rose, Guillermo Thomas Silva est devenu le premier Uruguayen à gagner sur le Tour d'Italie samedi à Veliko Tarnavo, en Bulgarie, où l'équipe UAE a été décimée lors d'une violente chute collective.
"C'est le summum, le maximum de ce que je pouvais espérer", a réagi le coureur d'Astana, un anonyme du peloton qui, à 24 ans, avait surtout brillé sur des épreuves secondaires avant de ravir le maillot rose de leader au Français Paul Magnier, lâché dans la dernière ascension de cette deuxième étape.
Pour l'Uruguay, petit pays à l'échelle du cyclisme, c'est un événement. Jamais un de ses représentants n'avait remporté une course au niveau World Tour. Pour Silva, dont c'est le premier Giro, c'est "un rêve inattendu" qui s'est concrétisé à l'issue d'un final complètement fou.
Longtemps paisible, l'étape a viré au chaos à 23 kilomètres de l'arrivée lorsque des dizaines de coureurs sont violemment allés au sol dans une courbe à droite sur une route rendue glissante par la pluie et la boue.
Parmi eux, une grande partie de l'équipe UAE dont Adam Yates, le leader, tombé dans le fossé, derrière le rail de sécurité.
Le Britannique s'est relevé le visage maculé de boue et de sang avant de remonter sur son vélo et de rallier l'arrivée avec un déficit de plus de treize minutes, mettant fin à ses rêves de podium sur cette 109e édition.
Deux de ses coéquipiers, Jay Vine et Marc Soler, étaient, eux, en route pour l'hôpital, a rapporté le manager de l'équipe, Mauro Gianetti qui a constaté, amer: "c'est très triste de commencer le Giro comme ça".
Deux autres coureurs, le Colombien Santiago Buitrago (Bahrain) et le Norvégien Adne Holter (Uno-X), ont dû abandonner.
De nombreux concurrents sont apparus en souffrance, allongés par terre ou boitant en grimaçant, certains avec la tenue complètement déchirée à l'image du Néerlandais Wilco Kelderman, un des équipiers de Jonas Vingegaard.
- Vingegaard à l'attaque -
Le Français Rémi Cavagna se tenait lui le poignet droit avant de repartir pour finir dans le même temps que Yates et Kelderman.
La chute ayant mobilisé toutes les ambulances, les organisateurs ont neutralisé la course pendant cinq kilomètres avant de donner le feu vert à un peloton amaigri pour le final de l'étape.
Vainqueur de la première étape la veille, le maillot rose Paul Magnier, qui a échappé de justesse au crash, était alors toujours présent.
Mais le sprinteur français allait rapidement céder - "c'était trop dur pour moi", dira-t-il - lorsque l'équipe Visma et son grimpeur italien Davide Piganzoli ont forcé l'allure dans l'ascension du monastère de Lyaskovets pour préparer l'attaque de Jonas Vingegaard.
Très actif alors qu'on ne l'attendait que plus tard dans ce Giro, le Danois est passé à l'offensive à 11 km de l'arrivée. Et seuls Giulio Pellizzari et Lennert Van Eetvelt ont réussi à le suivre.
Les trois hommes ont creusé un petit écart mais ont commencé à se regarder à l'approche de la flamme rouge. Ils ont été rejoints par Jan Christen, rescapé de l'équipe UAE, puis le reste d'un gros groupe de survivants dont allait surgir Thomas Silva, idéalement lancé par son coéquipier Christian Scaroni.
Derrière, Ben O'Connor et Derek Gee-West figuraient parmi les perdants du jour dans l'optique du général, en terminant dans un deuxième groupe, à une minute du vainqueur.
Avant l'arrivée des éclopés, beaucoup plus loin, dont Yates, dans un piteux état au moment de franchir la ligne, tête baissée.
韓-L.Hán--THT-士蔑報