Euro d'athlétisme: Werro, Hodgkinson, Broeders-Bol... Explication finale sur 800 m
Les fans d'athlé l'attendent depuis des mois. Les trois sensations du 800 m Audrey Werro, Keely Hodgkinson et Femke Broeders-Bol se retrouvent pour la première fois sur une même ligne de départ vendredi en finale du 800 m des championnats d'Europe à Birmingham, pour ce qui est déjà qualifié de "course de l'année".
Dans une saison sans championnats majeurs (Mondiaux ou JO), la perspective de voir tomber le plus vieux record du monde de l'athlétisme, les très controversés 1 min 53 sec 28 de la Tchèque Jarmila Kratochvilova en 1983, a fait couler beaucoup d'encre en début d'été.
La championne olympique de la discipline Keely Hodgkinson avait annoncé de longue date vouloir s'y attaquer mais c'est finalement la Suissesse Audrey Werro qui s'en est approchée le plus près en courant à deux reprises sous les 1 min 54 (1:53.98 à Stockholm devant Hodgkinson et 1:53.80 à Paris), des chronos plus vus depuis quarante ans.
La Britannique et la Suissesse mènent désormais une discipline entrée dans une nouvelle ère. Et à leurs retrouvailles vendredi s'ajoute la présence de la Néerlandaise Femke Broeders-Bol, la double championne du monde du 400 m haies qui s'est mise cette année au 800 m.
- Quels choix tactiques? -
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la transition est réussie: avec sa foulée rebondie, Broeders-Bol a couru le double tour de piste en 1 min 55 sec 60 et est la troisième meilleure performeuse mondiale de l'année.
De quoi transformer la finale en véritable feu d'artifice, d'autant que les trois athlètes n'ont jamais été alignées ensemble sur une même ligne de départ.
Dans une discipline tactique, où le placement est crucial, quels seront les choix de courses ? Doit-on s'attendre à une course ultra-rapide vers des chronos inexplorés, ou à une course tactique pour la médaille d'or, quitte à laisser leurs chances aux outsiders ?
"Je ne vois pas quel serait l'intérêt de faire une course tactique, alors que Keely et Audrey ont déjà l'habitude de courir vite devant", estime Anaïs Bourgoin, candidate au podium avec un record personnel (1:55.65) tout près de celui de Broeders-Bol.
De leurs côtés, Werro comme Hodgkinson ont répété qu'elles visaient l'or à Birmingham avant de penser au record.
"Je ne sais pas si la course sera rapide ou tactique mais on est sur un championnat, l'objectif est de décrocher la médaille donc je ne pense pas que ce soit le meilleur endroit pour battre un record du monde", a balayé Werro, repêchée pour la finale après une chute en demies.
- "On se fiche des chronos" -
"On va enchaîner trois courses en quatre jours, ça change tout", a aussi prévenu Hodgkinson. "Il n'y a pas de lièvres, on se fiche des chronos, il s'agit de savoir gérer la pression d'un championnat."
Hodgkinson le sait mieux que personne: en 2021, elle décroche la médaille d'argent olympique alors qu'elle n'était pas vue comme une favorite. A l'inverse, elle a dû se contenter du bronze aux Mondiaux-2025 alors que tout le monde la voyait en or.
Si Audrey Werro semble la plus forte sur le papier, Keely Hodgkinson est celle qui a le plus d'expérience en championnats. Pour Femke Broeders-Bol, la finale risque à l'inverse d'être une découverte, elle qui n'a pas encore trop eu l'occasion de courir dans un peloton qui se bouscule.
"Ce n'est pas moi qui vais contrôler la course", a admis Broeders-Bol après les séries. "Sur 400 m haies, j'avais mon propre couloir, mes propres haies, je savais ce que je valais. Là, tout est nouveau !"
林-L.Lín--THT-士蔑報