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Mort de Maradona : jugement au 22 décembre, sa fille redemande "justice pour papa"
Mort de Maradona : jugement au 22 décembre, sa fille redemande "justice pour papa" / Photo: Luis ROBAYO - AFP

Mort de Maradona : jugement au 22 décembre, sa fille redemande "justice pour papa"

Et au final, les larmes d'une fille. Le jugement du procès de la mort de Diego Maradona en 2020 sera rendu le 22 décembre, a annoncé jeudi le tribunal au terme de six mois d'audience, ponctués par les mots émus de la fille aînée du footballeur de légende.

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"Que mon papa, j'espère, ait la justice qu'il mérite (...) comme n'importe quelle personne", a déclaré entre les larmes, Dalma Maradona, 39 ans, invitée à prendre brièvement la parole à la fin des débats.

"Pendant ce procès, Gianinna (sa soeur, NDLR) et moi avons entendu des horreurs et des monstruosités à notre sujet. Nous savions que cela pouvait arriver, nous avons essayé de le vivre du mieux possible", a-t-elle ajouté.

Au long de 51 audiences depuis avril, un tribunal de San Isidro a jugé sept professionnels de santé (médecins, infirmiers, psychiatre, psychologue) pour potentielles négligences fatales, lors d'une hospitalisation à domicile de l'idole du foot argentin.

Le procès s'est achevé avec de brèves paroles aussi de quelques accusés. Notamment le principal, Leopoldo Luque, un neurochirurgien considéré à l'époque comme médecin de confiance et "ami" de Maradona de son propre aveu, a redit sa peine, et réaffirmé: "Je suis innocent".

Maradona est décédé à 60 ans le 25 novembre 2020, retrouvé mort sur son lit d'une maison de Tigre (nord de Buenos Aires) louée pour une hospitalisation à domicile, une convalescence après une neurochirurgie bénigne.

L'accusation a requis de quatre à 12 ans de prison contre six des sept accusés, la plus lourde peine contre le Dr Luque.

- Les infirmiers "ont contrôlé" -

Mais jusqu'à 16 ans ont été demandés par certaines parties civiles, enfants ou sœurs de Maradona : contre Luque, et Nancy Forlini, médecin de 57 ans, qui était coordinatrice médicale de la convalescence, pour le compte d'un prestataire privé de soins.

Le tribunal a par contre prononcé l'acquittement du médecin extérieur Pedro di Spagna, qui n'avait eu accès à Maradona qu'une fois lors de sa fatale convalescence de deux semaines.

Jeudi, les derniers avocats ont plaidé l'acquittement pour le coordinateur infirmier, Mariano Perroni, 45 ans, et l'infirmier Ricardo Almiron, 43 ans. L'accusation avait requis contre eux quatre ans de prison.

Perroni "n'a jamais vu Maradona (...) et sa fonction n'était pas de voir le patient", a asséné son avocat Martin Montalto, mais de contrôler les vacations des infirmiers, s'ils appliquaient les directives.

"Toutes les vacations ont été couvertes" et "il n'y a pas eu un jour sans contrôle" des signes vitaux par les infirmiers. Impossible de trouver ce qu'il "a omis de faire", a-t-il ajouté.

Défendant Ricardo Almiron, Franco Chiarelli a appuyé : son client "dans toutes ses vacations a contrôlé les signes vitaux" de Maradona, y compris le 24 novembre au soir, veille du décès.

Et lorsqu'il est parti à l'aube, "Diego se reposait, respirant bien", a-t-il notifié, contestant fortement le scénario d'une longue agonie de plusieurs heures, suggéré par certains experts médicaux.

Les plaidoiries de la défense ont par moments conforté l'impression décrite par l'accusation d'une "désorganisation totale", d'une "structure quasi anarchique" autour de la convalescence du patient "le plus célèbre du monde".

- Le juge ému aussi -

Les accusés se sont soit retranchés derrière leur spécialité (qui psychiatre, qui psychologue-addictologue) n'ayant rien à voir avec les causes cliniques de la mort : une crise cardio-respiratoire couplée à un œdème pulmonaire.

Soit ils ont invoqué un rôle non décisionnaire dans l'entourage soignant aux dernières semaines de vie de Maradona. Et dans certains cas, d'être tenus à l'écart de groupes de messagerie qui relayaient des données de santé.

Ainsi, la défense de Luque a renvoyé la balle vers Nancy Forlini, techniquement en charge de la convalescence. Et les avocats de Forlini ont répliqué en retour que son rôle était de répondre aux demandes des "médecins en charge", en l'occurrence Luque et la psychiatre Agustina Cosachov (huit ans de prison requis).

Plusieurs ont aussi réfuté le tableau clinique de la commission médicale interdisciplinaire mandatée en 2021 par la justice, notamment sur des insuffisances cardiaques de Maradona qui auraient dû alerter. Ou ses problèmes rénaux. "Asymptomatiques", a contré la défense du Dr Luque

Signe de l'impact du procès sur ses acteurs, le président du tribunal, Alberto Gaig, a lui aussi succombé à l'émotion jeudi, laissant échapper quelques sanglots au moment d'énoncer la date du jugement, a constaté l'AFP.

mry-pbl/bfi

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